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Tome I.
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XXVII
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VIE DE POLYBE. xx'vij

Au retour des Députez, Philopœmen, interprétant Toracle en fa faveur, fe met à ia ibid.tête de ses Achéens, & campé fur les frontières de la Laconie, il envoie demander àSparte les auteurs du désordre qui étoit arrivé Tannée précédente sur la côte , promet-tant que si Ton se soumettoit à cet ordre, la ville ne seroit pas inquiétée, & q u ’j] neferoit rien fait aux coupables fans avoir entendu leur justification. Les Lacédémoniensfe rendirent au camp , mais on ne leur tint pas parole. Le tumulte commença par lesbannis de Lacédémone que Philopœmen avoir menez avec lui, & qu’il avoir envie derétablir. Dix-fept des infracteurs du Traité furent massacrez fans avoir été entendus,

& foixante-trois des autres eurent à peine dit deux mots pour leur défense, que livrez àla multitude irritée, ils perdirent la vie dans les supplices. On ne fut pas plus fidèlea Tautre partie de la promesse. Après cette éxécution, Philopœmen ordonna aux La-cédémoniens d’abattre les murailles de leur ville, d’en chasser toutes les troupes auxiliai-res , de bannir tous les esclaves que les Tyrans avoient mis en liberté; & ce qui fut deplus déplorable, d’abolir les loix & les coutumes établies par Lycurgue, & d’élever leursenfans à la manière des Achéens.

Nouvelles plaintes de la part des Lacédémoniens. Ils font venir Métellus, qui étoit An dealors dans la Macédoine. Ce Consul demande un Conseil aux Achéens, qui le lui re- Romcfusent, en vertu de la loi qui ne le permettoit que pour les Ambassadeurs qui auroient DLXVI-montré leurs instructions. Métellus retourne à Rome très-mécontent de ce refus , y Polyb.méne Areus & Alcibiades, tous deux Lacédémoniens, tous deux très-ennemis des A - T - II.chéens, & tous trois ensemble irritent le Sénat contre ces derniers. Sur le bruit qui p ' IlSlí -en courut d’abord dans T Achaïe, Lycortas, alors élu Général, assemble le Conseil, &

Ton condamne à mort Areus & Alcibiades.

Peu de jours après, Appius arrive dans le Péloponèse, député par le Sénat pour ap-pât les troubles, dont ce païs étoit agité. Dans le Conseil, Appius, qui avoit avec Tit. Liv,lui les deux accusateurs Lacédémoniens, se plaignit de la part du Sénat, que les Achéenseussent mis à mort ceux que Philopœmen n’avoit fait venir de Lacédémone que pour XXXIX *les entendre dans leurs défenses, qu’ils eussent donné ordre de renverser les murailles decette ville, & qu’ils eussent aboli les loix de Lycurgue.

Lycortas fut vivement touché de ces reproches. 11 étoit plus difficile de répondre làqu’à Rome. Alors il n’avoit affaire qu’aux Lacédémoniens, au lieu qu’ici les Ro-mains m mes étoient ses accusateurs & ses Juges. Mais il ne se déconcerta point. IIrépondit qu’il étoit surpris que Ton cherchât quérelle aux Achéens fur la mort des La-cédémoniens , qui étoient venus pour fe défendre; qu’en les faisant mourir, les Achéensn’avoient qu’éxécuté le Traité d’alliance conclu avec les Romains v qui leur avoient con-fié la garde des places maritimes de la Laconie ; que les Dieux mêmes avoient approuvécette entreprise, puisqu’ils avoient voulu qu’elle eût un heureux succès; que d’ailleurs,quand il y auroit eu du crime, les Achéens n’en seroient pas coupables; que ce n’étoitpas eux qui avoient porté leurs mains fur les Lacédémoniens, mais les bannis de Lacédé-mone. A Tégard des murailles, qu’il étoit étonnant qu’on leur reprochât de les avoirdétruites, comme si elles eussent été bâties par Lycurgue; qu’elles n’avoient été élevéesque depuis peu d’années par les Tyrans pour renverser les loix & les établissemens de ceLégislateur; que s’il revenoit au monde il seroit charmé de les voir abattues , & qu’àces ruines il reconnoîtroit son ancienne Sparte ; que les Lacédémoniens n’eussent pas dûattendre que les Achéens les démolissent, mais plutôt les raser eux-mêmes, comme laparque infâme de leur servitude ; que tant qu’íls n’en avoient point eues, ils avoient&é libres, & quelquefois les maîtres de la Gréce, au lieu que depuis cent ans, attacheza u dedans de leur enceinte comme avec des chaînes, ils avoient vécu dans Tesclavage ; quec’étoit à tort que Ton accusent les Achéens d’avoir aboli les loix de Lycurgue, qu’il y

d ij avoit