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Tome I.
Seite
XXVIII
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Tit. LivLib.xxxixPlutarch.in L’hilop.

xx’viij VIE DE POLYBE.

avoit longtems que les Tyrans en avoient effacé toute mémoire ; que les Achéens avoientdonné leurs propres loix aux Lacédémoniens, & que c’étoit pour ces derniers beaucoupd'honneur que d’être unis au reste du Péloponèse.

Puis prenant de nouvelles forces & s’adressant au Député : “ Je fai, dit-il, Appius,que le discours que je tiens, n’est pas tant d'un Allié qui parle à des Alliez, qued’un esclave qui rend compte à son Maître. Car pourquoi, je vous prie, si en nousannonçant par un Héraut que nous étions libres, on a voulu sincèrement que nousle fussions, pourquoi pendant que je ne vous demande pas raison de ce que vous avezfait après la prise de Capoue, dois-je vous en rendre de la conduite que nous avonstenue à l’égard des Lacédémoniens, après l’avantage remporté fur eux? Nous en a-vons fait mourir quelques-uns, soit: mais vous, n’avez-vous pas fait fauter la têteaux Sénateurs de Capoue ? Nous avons détruit des murailles, cela est vrai : maisvous en êtes-vous tenus là? N’avez-vous pas encore ruiné la ville & le territoire ?Nous étions les maîtres, direz-vous, & les Achéens ne font libres que par grâce, &qu’autant qu’il nous plaît. Je le sens bien, Appius, & si l’on ne doit pas en être fâ-ché , je n’en fuis pas fâché. Mais quelque différence qu’il y ait entre vous Le nous,au moins ne nous mettez pas en même rang nous qui sommes vos Alliez, & ceux qui„ font autant vos ennemis que les nôtres : au moins ne traitez pas ceux-ci plus íavora-,, blement que nous. En leur donnant nos loix , & en les admettant dans la ligue des„ Achéens, nous avons rendu leur condition égale à la nôtre: cela ne leur soffifoit-il„ pas? Mais non : vaincus, ils ne fe contentent pas de ce qui contenterait des vain-queurs ; ennemis, ils prétendent plus que ne prétendraient des Alliez. Ils veulent a-„ néantir un Traité, qui gravé fur la pierre a été comme consacré à l’immortalité, &„ auquel nous nous sommes obligez par serment. Nous vous respectons, Romains, &„ si vous le voulez même, nous vous craignons ; mais nous respectons & craignons„ encore plus les Dieux immortels.

Tout le Conseil applaudit à ce discours, chacun s'écria que l’on ne pouvoit soute-nir plus majestueusement & avec plus de vigueur la dignité de premier Magistrat. Iln’y eut qu’Appius qui restât inflexible. “ Pendant que vous pouvez de bon gré, ré-„ pondit-il orgueilleusement, vous accommoder avec les Lacédémoniens, croiez-moi,„ Achéens, accommodez-vous avec eux ; de peur que dans la fuite vous ne foiez o-bligez de le faire malgré vous. Cette hauteur saisit d’effroi les Achéens, ils fe bor-nèrent à demander qu’on n’éxigeât rien d’eux contre la religion du serment, laissant enla disposition des Romains de faire des Lacédémoniens tout ce qu’ils jugeraient à pro-pos.

Appius cassa la Sentence prononcée contre Areus & Alcibiades, & permit aux Spar-tiates de députer à Rome ; quoique ce fût une loi parmi les Achéens, qu’aucune villene députerait de son chef & séparément du Conseil général de la République. Les A-chéens envoiérent aussi de leur côté des Ambassadeurs. Après de longues contestations,•le Sénat fit partir pour la Gréce Q, Marcius, qui tout en arrivant remit dans Sparteceux que les Achéens en avoient éxilez, déclara innocens tous ceux qu’ils avoient con-damnez , éxemta les Lacédémoniens de toute contribution, leur permit de recourir àdes tribunaux étrangers pour lès causes capitales, & de relever leurs murailles.

Ici achève fa glorieuse carrière le fameux Philopœmen, le guerrier de son tems, &

- ce tems étoit très-fécond en Héros, qui eût le plus étudié son métier, & qui l’eût lemieux appris. Malade à Argos & âgé de soixante-dix ans, aiant ouï dire que Dinocra-tes avoit détaché Mèsséne de la ligue des Achéens, & qu’il étoit fur le point de s’em-parer de Corone, poste considérable au dessous de Messéne sor le bord de la mer, ilpart pour fe rendre à Mégalopolis, & y arrive le même jour. II ne s’y arrête pas, d

prend