il V I E D E P O L Y L E.
ce, ils îc prièrent de parcourir toutes les villes qui venoient d’être cost^uiíès, & d'ac--commoder leurs différends, jusqu’à ce que l’on s’y fût accoutumé au changement quis’y étoit fait, & aux nouvelles loix qui leur avoient été données. Polybes’acquitad’unecommission si honorable avec tant de douceur, de justice & de prudence, que, soitpour le gouvernement général, soit pour les affaires des particuliers, il ne pouvoit s’é-lever dans l’Achaïe aucune contestation.
On ne peut s’imaginer avec quels applaudiffemens le Code des loix, qu’il composapour cela, fût reçû de toutes les villes du Péloponèse. Pour en marquer leur reconnois-sance à la postérité, elles érigèrent à son Auteur plusieurs statues, une entr’autres dansPauíàn. Alphée, dont l’infcription portoit, Que Polybe avoit fait de longs volages far terre &Jrcad.par mer , quilavoit ét.é ami & allié des Romains , & qu'il avoit aff aisé leur colère enfaveur des Grecs. Sur la base d’une autre élevée dans le vestibule d’un Temple d’Arca-die, on lisoit, que la Grèce n auroit pas fait de fautes, fi dès le commencement elle eûtété docile aux conseils de Polybe ; mais qu après fis fautes , tl avoit été fini fin libérateur.
Après avoir ainsi'établi l’ordre & la tranquillité dans fa patrie, il retourna joindre Sci-pion à Rome, d'où il le suivit à Numance, au siège de laquelle il étoit présent. Sci-pion mort, il reprit la route de son païs : ( car quelle sûreté y avoit-il à Rome pour 1eMaître, après que le Disciple avoit été mis à mort par la faction des Gracques ? ) Etaiant joui là, pendant six ans, de T estime, de la reconnoistance & de Tamitié de íèschers Citoiens, il mourut à l’âge de quatre-vingt-deux, d’une bleíîure qu’il s’étoit fai-Lucian. te en tombant de cheval.
Les ouvrages qu’il a composez , sont: la Vie de Philopœmen , un Livre sur latro ' Tactique, ou T Art de ranger les armées en bataille, l’Histoire de la guerre de Numan-ce, un Livre fur la situation des Iseméréniens , nation fous la Zone-Torride , & son
Histoire universelle. Il ne nous reste de tous ces ouvrages que le dernier , que Poly-be appelle lui-méme JFIiftoire Universelle , parce qu’elle contenois non seulement la fé-conde guerre Punique, mais tout ce qui s’étoit passé dans le monde pendant Teípace decinquante-trois ans, c’est-à-dire depuis le commencement de cette guerre jusqu’à la ré-duction du Roiaume de Macédoine en Province de T Empire Romain.
On y voioit.donc, outre les affaires qu’eurent les Romains avec Annibal, les décla-rations de guerre, les batailles, les sièges, les Traitez de paix, les négociations , lesAmbassades, & tous les événemens qui arrivèrent dans les guerres qu’eurent les Ro-mains avec les Macédoniens, les Siciliens, les Ibériens, les Numides, les Achéens,leïGaulois, les Syriens, les Etoliens, les Gaulois d’Asie, les Candiots, lesDalmates, ksLiguriens, les Illyriens, les Sardiens, les Celtibériens, les Corses, les Bithyniens, lesCappadociens, les Asiatiques, les Egyptiens, & peut-être encore d’autres Puissances.Tous ces faits rempliffoient trente-huit Livres, au-devant defquels il en avoit mis deux,pour servir comme d’introduction aux autres, & de continuation à l’Histoire de Ti-ntée. II y avoit donc en tout quarante-deux Livres, dont nous n’avons que les cinqpremiers qui soient tels que Polybe les avoit laissez , des fragmens quelquefois assez con-sidérables des douze Livres fuivans, avec les Ambassades & les Exemples de vertus &de vices , que TEmpereur Constantin Porphyrogénéte, au dixième siécle, avoit fait ex-traire de T Histoire de Polybe, pour les inférer dans ses Fandetles politiques , grandecompilation, où Ton voioit rangé, sous certains titres, tout ce que les anciens Hi-storiens avoient écrit fur certaines matières, & où Ton pouvoit s’instruire de ce qui s’e-toit fait en certains cas, où Ton se trouvoit soi-même, sans avoir la peine de lire cesHistoriens. On ne peut disconvenir que ce deííèin n’ait eu son utilité du tems de Por-phyrogénéte , mais û a .été funeste à tous les siécles fuivans. Dès qu’on eut pris l’ha-bkudf, & notre paresse nous y conduit bientôt, de ne consulter que ces abrégez , on
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'An deRome
DCXX.
An deRomercxxiv.
An deRomeOC XXX.