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Tome IV.
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X PREFACE

avec tout l’art Sc ^exactitude militaire qu’on sçauroit désirer dans un His-torien habile 8e consommé dans la science des armes.

Cette action hardie m’a fourni l’occasion de traiter du passage des gran-des rivières. Je n’ai eu que cette feule partie en vue: encore ne l’ai-jepas approfondie autant que je l’aurois souhaité, me réservant de donnerun Traité entier du passage des grands fleuves, rivières, ruisseaux, 8cc.en présence d’une armée Sc de vive force : partie de la guerre, dont au-cun Auteur n’a encore écrit. Je Tai entrelassée d’un grand nombred’exemples tirez des Historiens les plus célébrés , anciens & modernes,Sc particulièrement des actions de Charles XII. Roi de Suéde. J’ai ob-servé la même méthode dans mes Observations fur le passage du Rhô-ne : je compare celui-ci à plusieurs autres qui ne font pas moins mémo-rables.

Tite-Live n’est pas tout-à-fait conforme à mon Auteur dans ce qu’ilrapporte de ce passage à l’égard de certaines circonstances, qui sententfort l’Historien qui est sans cesse à la quête du sublime Sc du merveil-leux: car il dit que les Espagnols p afférent le fleuve fans avoir besoinni de ponts ni de bateaux. Ils mirent , continue-t-il, leurs boucliers furdes peaux de chèvre enflées de vent , ér leurs habits fur leurs bou-cliers -, ò 1 s’étant couchez, par dessus , ils traversèrent de Vautre coté.On voit assez que l’Auteur Latin ne veut pas paroître copier scrupuleu-sement Polybe, c’est ce qui l’oblige à recourir quelquefois à des faits ima-ginaires ou fort suspects : fans que cela empêche qu’on ne l’accuse d’a-voir traduit presque tout l’Auteur Grec , Sc de ne savoir pourtant citéqu’une fois avec un éloge assez froid, dit un Ecrivain moderne. Véri-tablement les Espagnols se servoient de ces peaux de chèvre enflées pourtraverser les rivières, comme César le rapporte dans ses Commentaires.On faisoit même des ponts de ces sortes de peaux. Xénophon en par-le lui-même dans fa retraite des dix mille. On prétend qu’un Chanoi-ne de Pampeîune en fit un fur ce modéle-ìà fur la Ségrë en 1707. pen-dant le siège de Lérida. Ce pont n’étoit fait que de peaux de boucsenflées, qui soutenoient des châssis couverts de planches Sc liez bout-à-bout les uns aux autres, fur lequel on communiquent des deux côtez dela rivière, qui est d’un rapide surprenant. II se peut que le Chanoineait pense comme le Grec qui proposa ce même pont à Xénophon, Scqu’il n’ait jamais lû la retraite des dix mille. Revenons à Polybe, &au compte des matières traitées dans ce quatrième Volume.

La description qu’il fait de la marche du Général de Carthage depuisîe Rhône jusques aux Alpes, Sc de là dans l'Italie ou la Gaule Cisalpi-ne , est certainement le chef-d’œuvre de cet Historien. Cette marche fa-meuse n’est pas fans embarras parmi les Sçavans. La plupart séduits parles Manuscrits de Tite-Live , dit M. de Mandajor, ont cru qu’ Anni-bal allant d’Espagne en Italie , avoit campé entre le Rhône & la Saô-ne ; au lieu qiCil s’arrêta entre le Rhône & /’ Isère. Je puis dire, sens

faire