XI)
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blâmé s’il s’étoit hazardé de marquer tous les campemens de l’armée deCyrus le jeune jusqu’à la plaine de Cunaxa, où il perdit la bataillecontre son frère Artaxerxès ? C’étoit la chose du monde la plus ailée.Quel meilleur guide que Xénophon ? II explique tous les endroits oùI’armée campa, 6c le chemin qu’elle faisoit chaque jour. C’étoit lemoins que cet habile Géographe devoir faire. Le défaut de cette Carteme choqua un peu ; mais comme il étoit difficile de mettre toutes ceschoses dans un si petit espace , je fis cette Carte plus grande il y a en-viron douze ans. II ne me fallut pas moins de huit pieds pour y ajou-ter tout ce qui me parut nécessaire pour la rendre parfaite 8c digne dela curiosité des Sçavans & des gens de guerre , au cas qu’il prît envie àquelqu’un de donner une nouvelle édition de ce fameux Ouvrage deXénophon, qu’on doit regarder comme le chef-d’œuvre de l'antiquité,Sc de l’orner d’Observations militaires fur les actions , les mouvemensles campemens Sc les estdres de bataille les plus considérables , partagéen plusieurs Cartes : dépense vraiment Roiale, & digne d’un Princeguerrier. Qui voudroit l’entreprendre, se trouveroit un peu moins em-barrassé , Sc n’auroit que faire de marcher fur la route des conjecturescomme je m’y fuis vû contraint dans cette Cartemais je ne crains pasque qui que ce soit s’en plaigne.
Le détail que Poîybe nous donne des combats qui se livrèrent dansces affreuses montagnes, est tout ce qu’on peut désirer de plus exact Scde plus circonstancié. Avec un tel guide , un Commentateur expéri-menté dalis les choses de la guerre ne scauroit s’égarerj ce qui m’a don-né de grandes ouvertures , Sc fourni des sujets d'Observations fur laguerre des montagnes, qu’aucun Auteur militaire avant moi ne s’étoitencore avise de traiter. J'ai tâché de la réduire en principes Sc en mé-thode autant que j'en fuis capable, fans croire pourtant savoir épuisée -aussi ne suis-je pas encore à la fin, Sc mon Auteur me fournira assezd’occasions, dans le cours de son Ouvrage, d’y revenir &c de la repren-dre. On voit assez, m’a-t-on dit , que vous avez à cœur cette matié-Je l’avoue franchement, 6c j’en use ainsi de toutes les autres, où
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ie scai que ie marche tout le premier Sc lans le secours de personne,l’entrelasse dans ce que je traite, selon ma coutume , plusieurs chosesoui pourroient paraître incidentes; mais qui ne laissent pas d en-trer naturellement dans les matières que j’a.i principalement pour
Scipion ouvrit la scène de la seconde Punique par un grand combatde cavalerie qui fut donné auprès du Tésin , où il fut entièrement dé-fait 6c mis en déroute: ce qui me donne heu de traiter des combats decavalerie. Cette matière n’est pas neuve , une infinité de nos Auteursen ont écrit -, mais c’étoit dans un tems où elle se rangeoit 6c combatt-oit d’une toute autre maniéré qu’elle ne fait aujourd’hui. Il s’en fautbien que cette partie de la guerre soit aussi profonde qu’on se l’imagine," 6c.