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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. XIII. „

parmi lesquels se trouvoit Montendre, qui le sut légèrement, on ne désespéra plus dechasser les ennemis de la place. Cette nouvelle s'étant répandue dans la ville , groíïìtfurieusement nos troupes : la plupart des soldats qui étoient dans l’autre partie de laville, qui ne pouvoient communiquer avec ceux qui étoient dans l’autre , trouvantune issue pour s’échaper du côté de la Chapelle dont nous venions de nous rendre lesmaîtres, sortirent de chez leurs hôtes & vinrent se joindre au gros , bien qu’il fûtencore infiniment inférieur à l’ennemi : car il y eut un assez grand nombre d’Oífi-ciers, pour le dire en passant, qui ne purent imiter les autres ; soit qu’ils ne faussentrien de ce qui se passoit, soit qu’ils se crussent en danger d’être pris. U fut pourtantaisé de connoître & de distinguer par la suite ceux qui ne pouvoient se justifier ni segarantir du blâme qu’ils méritoient. Revenons à notre sujet.

Les ennemis avoient tiré entre l’Eglise & la maison du Prêtre un retranchement. IIn’y avoir pas un instant à perdre. On craignoit que les ennemis , cpnnoissant l'im-portance de ce poste, n y marchassent pour le secourir. Qui auroit jamais cru qu’ilsne s’en avisassent pas? On ne perdit pas un moment pour cette attaque, tous nos sol-dats étoient résolus &'prêts à tout faire. On marche à ce retranchement , dont laprise nous donnoit de très-grands avantages , & obligeoit les ennemis à s’affoiblir ex-traordinairement aux autres endroits de la ville pour se fortifier aux deux portes deSainte Marguerite & de Tous-les-Saints. On attaque ce retranchement avec tant devigueur & de résolution, que nous remportâmes fans presque aucune résistance ; cequi fut un coup bien fatal au Prince Eugène. L’on en va voir d’autres qui lui íu-■rent encore infiniment plus sensibles.

tz. III.

Attaque de la porte du Pô. On s'y prit trop tard. Fautes dans cette attique, Les Im-périaux font repoussez,. Ruse du Prince Eugène de nul effet. Discours du Prince deCommerci aux Mas f rats assemblez dans l'Hôtel de Hille. Les François coupent lepont du Pô, fr brûlent m» partie des pontons âpres avoir abandonné L’ouvrage qui incouvroit la tète.

c’é-

L E succès de Crémone dépendoit absolument de la prise de la porte du Pô ,

toit par oìì l’ennemi devoir commencer avant même que de s’établir dans lesdeux places de la ville : car par cette prise il étoit le maître de notre pont, & savori-ioit la jonction du corps de troupes du Prince Thomas. Je ne puis comprendrecomment le Prince Eugène put penser si tard à cette avanture. C’étoit prendre leroman par la queue, s’il m'est permis de parler ainsi , que de s’amuser aux autres en-droits. Cette faute est inexcusable. Le Prince Eugène étoit monté sur la tour deHôtel de Ville, inquiet du corps du Prince Thomas , qui ne paroiffoit point , àc ause de la difficulté de la marche , & plus encore par la malice ou l'ignorance desguides. Ce Prince perdit beaucoup de tems à attendre les signaux dont il étoit con-y enu ; mais cela n’empêchoit pas qu’il ne dût marcher à cette porte , s’en rendre leûct tre ! ^ prendre le pont par le revers. Tout cela ne lui vint pas à l’esprit. II s’yvert! !ï '' na en ^ n » ruais trop tard : car la garde Irlandoife, qui étoit à cette porte, a-solutl ^ U j I onpemi étoit dans la ville, s’étoit déja précautionnée , 8c l’attendit en ré-J’rncli £ ^ndre bien cher ce poste.

PoissanœT'í' 0 ^ à cro ’ re ce stue j’ai appris de quelques Officiers Allemans de ma con-rcs ~dignes de foi , qui se trouvèrent à cette action-là. Cette maxime íè-

M z. toit