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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. XIV. ,z,

j, de Melun i & leur commanda sur les neuf ou dix heures du soir de décendre sans» bruit le long du fleuve, & de l’attendre à une lieue du camp. Il laisse pour le„ garder cinq cohortes, qu’il croioit trop foibles pour le combat, & envoie aprèsmi-„ nuit les cinq autres de la même légion remonter le long de la rivière, avec tout le„ bagage & quelques nacelles qu’il avoit assemblées, le tout avec grand bruit. II„ part quelque tems après le plus secrètement qu’il peut, avec ses trois légions, ga-

k, gne le lieu où il avoit donné rendez-vous à ses batteaux, & n’y fut pas plutôt ar-,, rivé, qu’à la faveur d’un grand orage il surprit les coureurs de l’ennemi, qui é-,, toient répandus par tout le long de la rivière, & la passa en diligence avec tome fa» cavalerie & son infanterie, par le soin de ceux qui avoient l’intendance des navire?.'» Sur le point du jour les ennemis sont avertis presque en même tëms qu’il se faisoit,, grand bruit dans le camp Romain, contre la coutume, & qu’un peu au-dessous„ d’eux il pafloit des batteaux chargez de soldats, & au - dessus il marchoit de gran-„ des troupes le long du fleuve, où l’on entendoit encore un bruit d’aviróns. Ils„ crurent aussitôt que les Romains troublez de la révolte d’Autun, traverfcient la,, rivière en trois endroits, pour se sauver plus promtement ; & aiant séparé auffi en,, trois leur armée, en laissent une partie vis-à-vis de notre camp, font remonter„ quelques troupes vers. Corbeil, avec ordre de ne s’avancer pas plus que nos bat-,, teaux, & marchent avec le reste vers Labiénus. Le jour venu toutes nos troupes,, etoient passées, & l’on voioit paroître l’ennemi. Labiénus après avoir encouragé» ses soldats à se souvenir de leur valeur, comme s'ils combattoiene en préíence de>, leur Général, sous la conduite duquel ils avoient gagné tant de batailles, fait son-„ ner la charge. D’abord l’arle gauche de l’ennemi fut rompue par la septième lé-ss gion ; mais la droite íè défendit courageusement contre la douzième, sans qú’on„ vît branler pas aucun soldat, quoique les prémiers rangs eussent été fort éclaircis à„ coups de traits. Alors la nouvelle étant venue à la légion victorieuse, elle tourna5, pour les investir: de sorte qu’ils furent tous taillez en pièces avec Camulogése,„ qui les encourageoit a la defense, íans que personne quittât son rang. Cepen-„ dant ceux qu’on avoit placez contre le camp de Labiénus, accoururent au bruit,, & gagnent une colline, d’où repoussez & mêlez avec les fuiards, ils furent tous»» défaits par la cavalerie, à la réserve de ceux qui se sauvèrent à la faveur des bois" ou des montagnes. Après cette victoire, Labiénus retourna à Sens, où étoit tout" * c bagage de l’armée, & de là se joignit à César avec toutes ses forces.

§. V.

De la défense du passage des rivières à gué. Sel exemple de celle de Ttmoleon.

Précautions que l'on doit. prendre. Disposition pour attaquer les troupes quiont traverse les premières. Ruses & exemples remarquables de ces for-tes d’, aidions.

LEs précautions que l’on doit prendre 1 dans la défense, des rivières guéables éft quel-ques endroits, sont presque les mêmes que celles que j’ái données dans le TomeceUe e< k- nt ’ mes Observations fur la défense des grandes rivières. Le passage debj en s ' c ^ e ft certainement la chose du monde la plus difficile & la plus dangereuse ; &cela n’^ cc ! u ^ fl 1 ” attaque réussisse presque toujours , & manque rarement son coup»reS} âes difficultez de l’entreprise. Il n’en est pas ainsi des petites rivié-

serme n’ ° nt " ^ eS £ uez °” l'on peut passer, quand le fond en feroit mauvais Sc PÇJ*» 7 aiant rien de plus aisé que de les rendre pratiquables, comme je l’ai exph-

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