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Tome V.
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LIVRE V. CHAP. XII. i8j

la meilleure qu’ils puissent prendre, & le meilleur moien de juger de ceux qui peu-vent être suspects par leurs sentimens.

- On peut voir par les raisons de Zeuxis, qu’Antiochus étoit réduit à l’extrémité»si les conseils d’Hermias eussent prévalu, on s’en tint donc à ce que le premierproposa, & l’on se résolut à passer le Tigre „ en trois corps, vers trois endroits„ du fleuve, dit mon Auteur, & l'on y fit passer lès troupes & le bagage. Se-roit-il bien possible qu’on eut pu jetter trois ponts fur un fleuve d’une si extra-ordinaire largeur? Quoiqu il en soit, Molon en aiant été averti, & que le Roitiroit à grandes journées du côté d’Apollonie, passe le Tigre, jette un pont furle fleuve & le traverse diligemment pour s’opposer à ses desseins, craignant qu'il nélui coupât le chemin de la Médie. Antiochus informé de la marche de l’armée rebel-le , & qu'elle tournoie droit aux montagnes d’Apollonie, fit résolution de la préve-nir, & de lui couper le seul chemin pour entrer dans la Médie; mais Molon aiantforcé plusieurs marches gagne le devant, & se campe dans 1 a plaine d’entre Apollonie& les montagnes qu’il avoit à dos. L’armée lloiale étant arrivée fur ces entrefaites,assit son camp à quarante stades des ennemis, elle décampe le lendemain & marche enbataille droit aux rebelles. Une démarche si hardie jetca la consternation dans cettearmée. Molon sentit alors ce que pouvoit la présence du Prince; il trouva sestroupes tout autrement disposées à combattre qu’il ne se l’étoit imaginé. Une volon-té chancelante dans celles-ci comme dans leurs Officiers jaloux de fa gloire, lui fitcomprendre qu’il avoit aussi peu à compter fur leur fidélité que fur leur courage. Po-lybe dit une choie qui me paroît remarquable. „ La nuit venue, dit-il, Molon,, aiant fait réflexion qu’il est difficile & dangereux de faire combattre en bataille„ rangee & pendant le jour des révoltez contre leur Roi, se résolut d’attaquer de„ nuit Antiochus. C’étoit fans doute le meilleur parti, & le plus prudent qu’il pûtprendre à la tête d’une armée composée de troupes rebelles, & trop mal intentionnéespour combattre dans le plein jour, les ténèbres étant auffi peu favorables aux traîtrespour changer de parti , qu’elles font peu avantageuses à celui qu’on atta-que à ces heures-là, cependant on les choisit auffi rarement dans les guerres civiles quedans les autres, bien que ces heures soient la ressource des soibles. Molon fe déter-mina à cette entreprise, il prit des mesures si justes qu’il ne pouvoit guére manquerde réussir & de surprendre l’armée lloiale, mais il fut obligé de revenir dans soncamp, sor l’avis qu’il eut que dix soldats de son détachement avoient passé dans l’ar-mée ennemie.

Cette entreprise manquée, digne fans doute d’un Général expérimenté, consternason armée. Antiochus averti de son dessein, ne crut pas devoir lui donner le temsde penser à T exécution d’un autre. Il prend la résolution de marcher & d’atta-quer 1 armée rebelle, & s'y présenta dans l’ordre que je vais dire.

Polybe est un peu embarassé dans la description de Tordre de bataille d’Antiochus»mais pour peu qu on fasse attention à celui de Molon on le débrouille facilement &fans peine, parce qu’il fe conforme à celui de son ennemi.

, L’armée du Roi fut rangée fur une feule ligne, la cavalerie furies ailes & Tinfante-rie au centre, dans une plaine rase & découverte. L’aîle droite (i) étoit composéeà la cavalerie à lances. La gauche (;) de celle qu’on appelloit les compagnons du, i ou cavaliers de fa garde. Les Candiots alliez (4), les Tectofages (5) & sesétrangers Grecs (6) fermoient la gauche de Tinfanterie, & la Phalange 1 (7) faisoittre r °T te " é^phans (8) furent mis à la tête, à quelque distance Tun de Tau-lvbe La ^àibution des troupes auxiliaires est ce qui m’embarasse le plus, car fi Po-/ entend par premiere ligne celle des Eléphans, il est hors de doute que les troupes

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