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Tome V.
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LIVRE V. CHAP. XII. r,,

tinction des guerres civiles de Religion, & des entreprises criminelles des Grandscontre leur légitime Souverain, & par ce service de l’élévation de la France.

Un Auteur judicieux (a) lui rend plus de justice que Montréfor. „ Q^û se fût„ imaginé, dit-il, pendant que toute l’Europe redoutoit la Maison d’Autriche, &,, que le Conseil de nos Rois étoit plein de ses pensionaires, qu’il y avoit en Sorbon-„ ne un jeune Ecolier qui saperait bientôt toute cette grande puiílance, & le còm-„ mettrait avec tant de gens, qu’enfin elle donnerait du nez en terre ! Cela étoit„ pourtant vrai, comme l’a fait voir le grand Cardinal de Richelieu, l’un des plus,, puissans génies de l’univers.

Tout ce que je viens de dire plus haut, indépendamment de ce que je viens de ci-ter plus bas, dépend uniquement de la connoissance du pais : car fi l’on faisoit laguerre dans de vastes plaines, où il n’y eût ni obstacles ni postes à opposer, la guerreferait fort aisée, & ne se terminerait que par des batailles. Il faudrait eiy venir lànécessairement avant que de penser à la moindre conquête.

Louis XIV. a soutenu presque pendant tout le cours de son régné, non une seuleguerre, mais plusieurs à la fois fur toutes les frontières de son Roiaume. Cela mesurprend toutes les fois que j’y pense. Qil’on cherche dans l’Histoire ancienne & mo-derne, on ne verra rien de semblable. Les Romains n’ont jamais éprouve de sembla-bles guerres, & jamais le monde entier n'a conjuré contre eux, quoiqu’ils en voulus,lent à la liberté de tous les peuples du monde, & que leurs guerres fussent presquetoujours injustes: au lieu que celles de Louis XIV. ne l’ont pas été. Le principe dede toutes celles qu’il a soutenues contre l'Europe liguée, n’a été que fa trop grandepuissance & l'habileté de ses Généraux & de ses Ministres. Ecoutons l’Auteur (£)de l’Histoire de la guerre de Hollande, Officier du premier mérite, & Capitaine aurégiment de Champagne, qui avoit servi toute sa vie. „ Après tout, dit-il au com-„ mencement de son Hifioire , la France ne paraît jamais capable de faire ce qu'elle a„ fait, si l’on ne considère que l’étendue de fa domination, laquelle est si petite en„ considération de ceux à qui elle a eu affaire, que c’est une merveille comment elle„ leur ait pû résister. A plus forte raison combien doit-on s'étonner de ce que par-„ mi un si grand nombre d’ennemis, elle a fait non seulement diverses conquêtes;„ mais encore une paix si avantageuse, qu’on peut dire qu’après avoir donné la loi

dans la guerre, elle l’a encore donnée à la paix. Qu’auroit-il dit, s’il eût été letémoin encore de la guerre de 1688. & de celle de 1701 ? Dans la dernière Louisle Grand a eu toute l’Europe fur les bras, & il étoit obligé de soutenir l’Espagnechancelante par la révolte d'une partie de ses plus belles provinces. Cependant cetteguerre a fini par une paix glorieuse.

Qti on prenne bien garde à ce que je viens de dire, car cela regarde les Princes, leshommes d Etat, & plus encore les Généraux d’armées. Si l’on ne connoît les païsoù l’on veut porter la guerre, on est assuré de mal entabler, & l’on peut juger,si l’on va trop vîte, que les fuites n’en peuvent être que funestes & honteuses, au-tant pour les uns que pour les autres. A un Général qui se trouve dans un païstout différent qu’il ne se l'étoit imaginé, il ne doit pas lui donner une nombreuse ar-mée. L’on s’imagine que les païs font à peu près, à l'égard de leur situation , com-Me les autres que nous connoiffons, qui font mêlez de vastes campagnes & de païscouverts. Certaine arme qui surpasse de beaucoup Vautre, comme une nombreuse ca-valerie, espère trouver son avantage cherchant par des mouvemens bien concertez cet

avan-

ft?\ ^ en sées diverses far les Comités, t- 800. édit, de l68z.

Vt>; Gratun de Cottrtilx. de Stmdrtts,