HISTOIRE DE POLYBE,
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Memplr’s à Alexandrie, pour disposer tout de telle sorte que rien nemanquât. Pour le choix des armes & des hommes, ils en donnèrentle foin à Echécrate de Thessalie, à Phoxidas Sc Mélite, à Euriloquede Magnésie, à Socrate de Béotie, 8c Cnopias d’Alore. Ce fut ungrand bonheur (^) pour eux d’avoir des Officiers, qui aiant déia
troupes de l'Empire n’avoient été composées quede loldats mercenaires ; car il n’y avoir preiqueplus de Romains naturels dans les légions ;8c lorl-que Vitellius s'empara de r Empire, les légionsqui étoient campees fur les bords du-Rhin n’e-toient composées que de Gaulois 8c d’Allemans:outre qu'11 y avoit un grand corps de troupesHollandoifes qui le joignirent ensuite à Civilisquile révolta contre l’Empire.
Thucydide, Xénophon & Polybe íbnt les troisEcrivains de l'antiquité qui soient les plus oppo-sez. aux troupes étrangères, bienqueles Athénienss’en servi dent comme les autres Grecs •' ce queThucydide nous apprend dans la harangue dePéricies ait peuple d’Athénes. ,, 11 n’y a pas un» des étrangers qui font à notre service, dit-il,,> qui vouiût risquer de se voir banni, ni !e join-,, dre au parti le plus foible pour quelque ieger,, appointement qui ne peut lotrgtems durer. 11disoit cela fur ce que ceux qui craignoient des’embarquer dans une guerre trop difficile, toutela Gréceaiant conjuré contre Athènes,alléguaientqu'il étoit à craindre qu’avec l’argent de Delphes8c d’Olympie ils ne débauchassent leurs mariniers;mais >1 leur fit voir que la République avoir pourpilotes íès propres lujets, comme ie relie de l’é-quipage, 8c que tout ce qu'ils avoientd’étrangersetoit en très-petit nombre. Cela ne laisse pointde faire connoître combien il est dangereux de seièrvir de ces sortes de troupes, parce que les plusriches 8c les plus puiílàns font toujours en étatde les débaucher en leur offrant des conditionsmeilleures, Ces fortes de pratiques font aslèz or-dinaires parmi les Princes de débaucher, sinoniestroupes en augmentant leur paie, du moins leursmeilleurs Officiers, ce qui est le trait d’un Prin-ce ou d’un Ministre habile, comme il paroît parSolibe, qui non feulement attira en Egypte lesmeilleurs Officiers de la Gréce, pour les mettreà la tête des armées de Ptolémée, mais les miten état, enintroduiíànt la milice des Grecs Scieurdiscipline, de combattre comme des vieilles trou-pes bien commandées 8c. bien exercees; ce quirompit toutes les mesures d’Antiochus 8c ruinases affaires. On volt encore la même choie parla Lettre de Nicias à ceux d’Athénes, pour leurrendie compte du mauvais état de leurs affairesau hége de Syracuse. „ Les étrangers qu’on a,, levez par force, écrit il, se dissipent, St ceux„ qu on a enrôlez pour de l’argent, qui pensoient,, venir au pillage plutôt qu’au combat, rencon-„ frant tout le contraire, ie vont rendre aux en-,, nemis qui sont proches, où se répandent parla
servi
„ Sicile, comme ils peuvent faire aisément, à,, cause de la grandeur de l’ille. L’on peut diredes Princes £c des Républiques qui ne le serventque de troupes étrangères pour la défense de leursEtats, ce que les Corinthiens diíoient des Athé-niens. „ Leur puissance est une puissance em-„ pruntée , au lieu que la nôtre est en nous -mê-„ mes, 8c ne dépend pas comme 1a leur d’un ie-„ com s etranger qu’on leur peut enlever à toute,, heure. Je ne vois presque aucun exemple dansl’Histoire qu’on ait propoie un double avantage,8c une paie infiniment plus grosse à des merce-naires , li ce n’est dans Tacite. Car il pi étendqu’Arminius offroit des avantages exorbitans &triple de la paie aux soldats Romains qui fou-droient paíser dans lòn parti ; ma s la lomme etoittrop grosse pour croire qu’elle pût être continuée,de ceux de là nation trop pauvres pour faire desemblables promesses que chacun prit pour des ro-domontades. Que conclure de tout ce que jeviens de dire, linon qu’il est infiniment plus a-vantageux à un Prince ou à une République decomposer ses armées de ies propres lujets, quede recourir aux loldats mercénaires, 8c le mettrebien en tête qu’il naît par tout des soldats où ilnaît des hommes, 8c que s’ils manquent des pre-miers étant bien fournis des autres, c’est la fautedu Souverain - Car il n’est rien de plus aile quede former une excellente milice, & des Officierspour 1a conduire, Le cela en moins de terns quel’on ne pense. En veut-on un bel exemple, citerPélopidas 8c Epaminondas, qui d’un nombre debourgeois de Thébes fans aucune expérience dela guerre en firent des soldats intrépides, ce leroitremonter trop haut : contentons-nous de Pierrele Grand Czar de Molcovie le plus grand hommequi ait paru au monde depuis les anciens, qui achangé fès propres lujets auparavant mépriiables,en soldats intrépides, 8c très-redoutables, en in-troduisent dans ses troupes une dilcipline admi-rable. Pourquoi recourir aux mercenaires lìnousavons dans notre pais de quoi nous defendre? C’estle sentiment de Polybe, 8t de Tacite, 8c d’uneinsinitéd’Auteurs anciens & modernes, 8c des plusgrands Politiques : Machiavel s’est fort étendu k”dessus. Cette matière est grave 8c importante,peut-être trouverons-aous l’occaíion d’en traitekplus amplement dans le Tome suivant.
(a) Ce fut un grand bonheur pour eux d’avoirs?Officiers , qui aiant déja servi sous Demetnus (TAntigonus.~\ La politique de certains Princes oucertains Ministres anciens Lc modernes, de de-laucher les habiles Officiers les uns des autres.