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Tome V.
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HISTOIRE DE POLYBE,

selon qu’elles convenoient à chacun. On changea la distribution descorps, &c les rôles qu’on en faifoit pour donner la paie aux soldats,6c l’on forma une ordonnance militaire propre au tems. Les soldatsfurent exercez fur de nouveaux ordres , 6c fur les mouvemens quechaque arme particulière demandoit. II fe faisoit des revues générales,où on les avertissoit de leurs devoirs. Andromaque d’Afpende 6c Po-lycrate d’Argos leur furent d’une grande utilité pour cette réforme dela discipline militaire. Its étoient venus tout récemment de Gréce,tous deux pleins de certe hardiesse 6c de cette industrie si naturellesaux Grecs : tous deux autant distinguez par leur patrie que par leursrichesses, quoique Polycrate l’emportât fur l’autre par l’ancienneté defa famille, 6c par la gloire que Mnœsiade son père s’étoit acquise dansles jeux olympiques. A force d’animer les soldats 6c en particulier &en public, ils leur inspirèrent du courage 6c de la valeur.

Tou-

conserver les anciennes plutôt que celles qu’onnous fait voir plus avantageuses, conduit à detrès-grands maux; la nécessité même de les chan-ger par rapport à ’.’cm.emi , ainiì que les autresnouvelles pratiques qui tendent toutes à la per-fection., 8c par conséquent à nous-assurer la vic-toire, ne peuvent être négligées íàns attirer furl’Etat une infinité de malheurs , loríqu’i] arriveque l’ennemi a des armes ou une maniéré de com-battre & de fe ranger qui font visible m eu t plusavantageuses. 81 le Ministre de Ptolémee qui é-toit un habile homme, en même temsqu’ii pen-sa à renverser, à tout changer dans la disciplinemilitaire,, dans la maniéré de íb ranger & de com-battre de íòn pais, & dans la nature des armespour prendre celles des Grecs ou de ceux contrelesquels il alloit entrer en guerre, n’eùt pas con-nu l'importance de eechangement, l’Egyptechan-geoit de Maître, 8c assurément Antiochus ne setôt pas trop morfondu à faire cette conquête. Siles Gaulois très-mal armez, (car leur tactique étoitbonne;) íì les Grecs eux-mêmes eussent changédans leurs, armes en mêlant les longues avec lescourtes, ou pris celles des Romains ; je panche fortà croire que ces derniers n’eullènt fait qu’une as-sez petite figure dans le monde: peut-être queleur République eût fini à la première visite queles Gaulois leur rendirent dans leur pais, ceux-eise fussent même établis dans Rome, & il n'eûtplus été, queítión de ces Romains tant vantez 2clì fort révérez, que les gens de guerre les plusraisonnables , comme les véritables Sçavans , àl’égard de leurs ouvrages, en parlent encore avecadmiration.

" Les communes imaginations que nous trou-„ vons en crédit autour de nous, dit Montagne ,£c infusées en notre ame par la semence de nos„. pères, ce ion t les générales Lc naturelles. Paroù i! avient que ce qui est hors des gonds dela coutume, on le croit hors les gonds de la.rai-

fon, tant elle a de force & d'empire; car'ellen’est pas feulement capable d’émouiser les sens 8cles sentimens.- mais elle tait pis encore fur l’eíprit8c fur la raison, 8c nous préoccupe tellement 8c siexcessivement, que ceux qui en font entêtez, necroient pas qu’on puisse attaquer les plus bizarresextravagances 8c les usages ou pratiques les plusridicules, íàns choquer les lumières du sens com-mun. On a donné de nos jours la chasse à biendes usages, 8c des pratiques généralement reçuesen France comme chez tous nos voisins, les unesmédiocres 8c les autres mauvaises ou très-défe-ctueuses, que les plus habiles auroient prises pourexcellentes > 8c auroient crû qu’il ne s’y pourroitrien ajouter, fans les tirer de l’état de perfectionoù elles se trouvoient. Nous avons pourtant vûavec aise z d’etonncment que le bon n’a pas tou-jours prévalu , 8c pendant que nous avons fàitdes changemens dans la façon des armes à feu denotre infanterie, en cjuittant 8c abandonnant lemousquet pour le fusii, 8c ajoûté en même temsà celui-ci,la baionette à douille au bout,pendant,dis-je, que l’on s’est attaché à ce qu’il y a de meil-leur, 8c qu’on l’a embrasse malgré les préjugez dela coutume, 8c que l’inventeur a essuie toutes lesoppositions imaginables , quelqu’un s’aviíàt íànsbeaucoup de réflexion de proposer de retrancherla pique, 8c il en vint à bout. La seule arme com-me je l’ai il souvent dit ailleurs, 8c qu’on ne sçau-roit trop répéter, la seule qui soutient nos bouchesà feu, 8c que Montécuculi appelle avec raison lareine de toutes , bien qu’elle soit imparfaitedans íà longueur comme dans son fer. L*maxime de Tacite , qui dit qu’il faut toujourssuivre les modes nouvelles, parce que Je mondese rafine en vieillissant, s’est trouvée vraie àl’égard de nos bouches à feu, qu’on ne fçauroitguère porter plus loin, mais dans la pique,dont1 usage est li ancien, je crois qu’on a eu tort dela retrancher de l’infàuterie. Cette suppr