3^,8 HISTOIRE DE POLYBE,
son camp. Dès îe lendemain, laiílant au camp les pesamment armezfous le commandement de Nicarque, il marche avec le reste de sonarmée vers l’ennemi, qui campé dans un terrain fort ferré , fur lacôte, entre le pied du mont Liban 8c la mer , 8c environné d’unehauteur rude Sc escarpée qui ne laisle le long de la mer qu’un pasligeétroit 8c difficile , avoit encore mis bonne garde à certains postes8c en avoit fortifié d’autres , croiant qu’il lui feroit aifé d’empêcher.qu’Antiochus ne pénétrât jufqu’à lui.
Ce Prince partagea son armée en trois corps. 11 en donna un àThéodote, avec ordre de charger 8c de forcer les ennemis au pied dumont Liban: Ménédéme avec Je second avoit ordre exprès de tenterle pastàge par le milieu de la hauteur : le troisième fut posté fur lebord de la mer, Dioclés Gouverneur de la Parapotamie à la tête. LeRoi avec fa garde fe plaça au milieu , pour être à portée de voir cequi fe pastèroit, 8c d’envoier du secours où il feroit nécessaire. Diog-néte 8c Périgéne fe disposèrent de leur côté à un combat naval. IlsRapprochèrent de la terre le plus qu’il leur fut possible, 8c tâchèrentde faire en forte que leurs armées ne sislènt ensemble qu’un mêmefront. Le signal donné, l'on attaque de tous les cotez en même rems.Sur mer comme les forces étoient égales, on combattit avec égal avan-tage. Par terre la forte situation des postes que Nicolas occupoit, luidonna d’abord quelque supériorité. Mais quand Théodote eut rom-pu les ennemis qui étoient le long du Liban, 8c que d’enhaut il futensuite tombé fur eux, toute l’armée de Nicolas s’enfuit à vauderoute.Deux mille furent tuez en fuiant, on n’en prit pas moins de prison-niers , le reste fe retira à Sidon. Périgéne, qui commençoit à espérerun heureux succès du combat naval, ne vit pas plutôt la défaite de l’ar-mée de terre, qu’il prit l’épouvante 8c se retira aussi au même endroit.
Antiochus vint camper devant Sidon : mais il y avoit tant de mu-nitions dans cette ville, la garnison jointe aux fuiards y étoit si for-te que n’ofant tenter le siège, il prit le chemin de Philotérie , 8cenvoia ordre à Diognéte Amiral de venir à Tyr. Philotérie est furle lac où fe jette le Jourdain, d’où sortant il traverse la plaine danslaquelle est située Scythople. On lui ouvrit de bon gré les portes deces deux places, 8c cette nouvelle conquête lui donna de grandes espé-rances pour la fuite. Car comme tout le pais dépend de ces deuxvilles, il trouvoit là aisément les vivres 8c toutes les autres munitionsnécessaires. Aiant mis garnison dans ces deux places, il paíla les mon-tagnes 8c arriva à Atabryon, ville située fur une hauteur de plus dequinze stades. Pour entrer dans cette place (a) il usa d’un strata-gème.
(a) Tour entrer dans cette place il usa d’un stra-tagème. ] Cette place dont parle mon Auteur,étoit donc bâtie fur la fameuse montagne du Tha-
bor, que Jolèphe nomme Itaburus, comme faitPolybe, du moins la ville: je i'appelle tanieu'e,parce que la tradition nous apprend que , Jesu^