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Tome V.
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zzo HISTOIRE DE POLYBE,

colline, & remarqué qu’on ne pouvoit y monter que par deux en-droits, il fait par-là approcher ses machines. Nicârque en úondui-íoit une partie, & Théodore l’autre, pendant que le Roi ôbservoitavec une égale vigilance quel seroit le zélé de ces deux Capitaines pourion service. Comme il y avoit entre eux une noble & continuelleémulation à qui abattroit le premier le côté dii mur qu’il attaquoit,tout d’un coup, loríqu’on s’y attendoit le moins, l’un & l’autre côtétombèrent. Après quoi & de nuit & de jour ce furent des aííàutscontinuels. On n’avançoit cependant rien, quelques efforts que l’onfît, à cause du grand nombre d’hommes qui s’étoient retirez dans laplace. Enfin je ne sçai quel prisonnier (a) montra le pafîage souter-rain par où l’on décendoit de la ville pour chercher de l’eau. On leboucha de bois, de pierres & d’autres choses semblables, de sorteque les habitans manquant d’eau furent contraints de se rendre.

Le Roi aiant laisse dans la ville Nicârque avec une bonne garni-son , envoia cinq mille hommes de pied sous la conduite d’Hippolo-que & de Céreas, les deux qui avoient quitté Ptolémée, dans leslieux voisins de Samarie, pour veiller aux affaires de cette province, Lcdéfendre de toute insulte les peuples qui s’étoient soumis. II décam-pa endure, & alla à Ptolémaïde passer le quartier d’hiver.

(a) Je ne J ai quel prisonnier montra le passagesouterrain.'] Le siège de Rabbath, que mon Au-teur appelle Rabbath-ben-Ammon, ou Rabatama-ua > est célébré dans l’Ecriture. , Elle fut assiégée& prisé sous le régne de David, Joab, Généraldes armées de ce Prince, la prit; mais la villehaute ft rendit à David , loríqu’il fut arrivé aucamp. On aura de , la peine à concevoir qu’ilait pouffé la vengeance aussi loin qu’il fit, carenfin il ne s’agislòit que d’une insulte que ceuxd’Ammoa avoient faite à fts Ambasiàdeurs. Voiciles propres paroles de l’Ecriture : „ Aiant fait,, sortir les habitans,il les fit scier avec des scies,„ & fit passe r fur eux des chariots avec des roues„ de fer.” Voilà une vengeance bien forte, jene pense pas qu’on puilfo rien imaginer de plussévére. Seroit-ce quelque représaille ? Je le croi-r-ois aísez, bien que l’Ecriture n’eu dise rien : carDavid n’étoit ni cruel ni barbare. Quoiqu’il ensoit, cela me paroit fort étrange, & fort éloignéde nos loix militaires. Je ne vois rien de sem-blable dans les Historiens de l’antiquité, la guerrene permit jamais ces fortes de supplices.

Polybe s’accorde assez avec l’Ecriture à l’e’gard

de la situation de cette ville. Le siège qu’Antio-chus mit devant, comme là prise, est assez sem-blable dans ses circonstances à celles de David : carla place fut très-opiniâtrement défendue. Elle sou-tint plusieurs assauts, 8c ce qu’il y a de plus re-marquable, elle ne se renditquepareequ’un trans-fuge découvrit à Antiochus le conduit souterrainpar lequel les assiégez alloient puiser de l’eau. Joabfit la même chose. L’Ecriture dit qu’il coupa leseaux qui alloient dans la ville. Joíëphe s’expliqued’une maniéré plus conforme à Polybe, Il ditqu’il coupa les eaux de la place, 8c ferma aux as-siégez tous les endroits par où ils pouvoient re-cevoir des vivres; ce qui me seroit croire que lemême conduit souterrain par où ils alloient à l’eau,8c que le transfuge découvrit, pouvoit leur ser-vir pour avoir des secours de vivres, ou qu’il yen avoit quelque autre du côté le plus inaccessi-ble de la montagne. Chacun fçait combien cessortes de travaux étoient ordinaires chez les An-ciens, 8c que les galeries cintrées ou de maçon-nerie fáiíbient partie de la construction des places,comme les coffrées auxassiégeans..]

OB-