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Tome V.
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LIVRE V. CHAP. XV,

ÎM

O B S E R V A T.I O N S

Sur les deux combats de mer & de terre entre les armées de‘Ptolémée & d'Antiochus.

§. i.

Changemens dans les usages de la guerre quelquefois importuns. Négociations fusettes.

I L y a du plaisir d’entendre mon Auteur dans ce qu’il nous apprend de cetteguerre d’Antiochus contre Ptolémée. On s’apperçoit plus que dans aucune au-tre dont il a traité jusques ici, qu’il avoit travaillé fur d’excellens Mémoires, &appris les divers événemens de cette guerre par des gens habiles, & qui en avoientété les témoins. Il ne paroît pas moins bien informé dans ce qui regarde la poli-tique. Il dévelope parfaitement le sentiment de ceux qlii avoient opiné dans lesConseils , les demandes des Ambassadeurs, les divers intérêts des deux Puissances quise firent la guerre, & cet abîme de négociations & d’intrigues politiques dont onfut long-tems à voir le fond, chacun aïant intérêt d'éloigner cette guerre, Antior-chus par les avis qu’il recevoir de toutes parts de la révolte d’Achée,qui le tenoiten grande inquiétude, se doutant que si Ptolémée joignoit ses forces à celles de cerebelle, il s’en verroit bientôt accablé : & Ptolémée pour fe mettre en état de la fou,tenir par de nouvelles levées & par la discipline de ses troupes, que ses Ministresfentoient hors d’état de parqître en campagne , íâns commencer par cet endroit-làcomme le plus important. C’est pour cela qu’ils attirèrent en Egypte les Officiersles plus habiles de la Gréce. Non seulement ils introduisirent les loix militaires desGrecs, ils prirent encore (a) leurs armes , & par conséquent leur façon de com-battre; enfin ils firent approuver au Roi de tout changer , & d'àndonner l’aa-

cienne

(a) ils firent plus que cela, ils frirent encore leur s armes.'] 11 est difficile de guérir les geps de guerredes préjugez, de la Coutume. J e vais citer ià-dessus la Koue dans ses Discours politiques. ,, Je dì-„ dirai donc, dit cet habile Ecrivain militaire, que la façon qu’on a observée jusqu’à cette heure de„ ranger la cavalerie doit être laissée, pour prendre celle que la raison nous admoneste de suivre com-„ me meilleure. K cette proposition jc sçai bien qu’aucuns contrediront, disant que I’ancienne„ coutume ne doit pas être légèrement changée, & que lorsque la gendarmerie étoit en íà fleur ël-„ le combattent en cette sorte: c’est qu’en ce tems-Ià la cavalerie né combattent pas par escadrons,mais en haie & fur un seul rang.) „ Davantage, puisque M. de Guise 8c feu M. le Connétable, quj„ ont été deux si exccllens Chefs, n’y ont rien innové, c'est bien ligne qu’ellp doit être laissée ea„ usage. Je répondrai que quant aux coutumes anciennes, qu’il faut regarder trois fois avant que„ de les laisser: car si les mutations aux choses d’Etat font dangereuses, ainsi que dit Xénophon,-, aussi muer les ordres militaires amène les inconvéniens. Mais quand on a manifestement connu»> par épreuve futilité d’un nouvel ordre, 8t les défauts du vieil, n^st-il pas alors nécessaire de quit-» ter l*un & prendre l’autre? Les Romains, qu’on pput dire avoir été souverains Maîtres en sart-> militaire, ont souvent fait le semblable, Sc l’ont toujours pratiqué jusqu’à César.” Après cela toutalla peu à peu en décadence, à mesure qu’on négligea les loix militaires: car les Etats s'élèvent 8c5 Naissent plus ou moins selon que la discipline est plus ou moisis observée.

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