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Tome V.
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livre V. CHAP. XV.

troit d’entre la mer & le Liban. On se prépara donc au combat de part & d’autre.Les deux armées (a) (b) se rangèrent de front sur deux lignes selon la coutumedes Anciens, qui ne différoit en rien de la nôtre. Les deux ailes (c) (d) appuioientfort près du rivage qui les couvroit de ce côté-là, ce qui empêchoit que l’une oul’autre des deux armées ne pût prendre aucun avantage & ne doublât son ennemi; carla supériorité des vaisseaux sait beaucoup sur mer. A l’égard des deux autres ailes(e) (f) elles s’étendoient vers la pleine mer. Les vaisseaux de charge (g) (h) durentformer une troisième ligne à couvert de ceux de guerre.

Les deux armées voguèrent ainsi l’une contre l'autre avec beaucoup d’elpérance &de résolution. Le combat fut un peu moins bien soutenu que celui de terre, ce quime paroît un peu surprenant : car s’il en faut croire César dans fa guerre d’Alexan-drie, les Egyptiens étoient autant bons hommes de mer que les autres peuples del’Asie y étoient ignorans. Voilà tout ce que j’avois de remarques à faire fur labataille qui se donna sur mer entre les deux flottes ennemies, où Antiochus remportadeux victoires en un même jour, l’une fur terre, & l’autre fur mer, cela est fort re-marquable. II y a encore une chose qui me surprend à l’égard des armées navales desAnciens, c’est le nombre des hommes qui combattoient dessus; car si Ion comp-te le nombre de leurs vaisseaux ou galères, il íaìloit que celles du troisième rang,qui étoient de trirèmes, eussent pour le moins sept à huit cens hommes d’équi-page, ce qui ne laisse aucun lieu de douter, quand même tous les Auteurs ne nousl’as-sûreroient pas, que les différens ordres de rames étoient les uns fur les autres.

Ce n’est pas seulement le nombre de soldats & de rameurs qu’il y avoir fur chaquebâtiment des Anciens qui m'étonne le plus, c’est la facilité de leurs décentes; carl’on ne volt pas qu’ils se servissent de chaloupes comme nous saisons. On voit dansla vie de Cimon, qu’après une bataille gagnée, l’armée victorieuse fur mer approchele rivage, & décend pour donner un moment après une grande bataille. L’exempleest un peu long ; mais comme il est curieux & fort remarquable, il est bon de le rap-porter. Plutarque me le fournit dans la traduction de M. Dacier. Thucydide rap-porte cet événement en fort peu de paroles dans son premier Livre, au lieu que Plu-tarque entre dans de plus grandes circonstarides des deux batailles données contre les Per-ses en Pamphilie, l’une fur mer, Le l’autre fur terre près du fleuve Eurymédon, fousle commandement de Cimon fils de Miltiades.

„ Ephorus écrit, dit /’ Auteur (a) , que Tithraustes étoit Amiral de la flotte du,, Roi, & Phérendotes Général de son armée de terre : mais Calisthéne assure qu’A--, riomandas fils de Gobrias, étoit le Généralissime de toute cette grande puissance,,, qu’ìl se tenoit à l’ancre avec toute la flotte à l’embouchure del’Eurymédon, & qu’il„ ne vouloir point hazarder le combat contre les Grecs, parce qu’il attendoit un„ renfort de quatre-vingt vaisseaux Phéniciens qui lui venoient de Cypre.

,, Cimon au contraire pour prévenir ce renfort, s’avança contre eux en bataille,

résolu, s'ils ne vouloient point combattre de leur bon gré, de les y obliger par„ force. Les Barbares pour éviter cette nécessité, (b) entrèrent dans le fleuve ; mais„ comme les Athéniens les y suivirent, enfin ils vinrent à leur rencontre avec six

» cens

(a) Plut. Vie de C'iwoìt,

(b) Pour éviter cette nécejsttè entrèrent dam k fieuvei] Thucydide eít mille fois plus croiable queles Auteurs que Plutarque cite. Le combat ne se donna point dans le fleuve Eurymédon , maisauprès, au rapport de Thucydide. Comment deux si nombreuses flottes auroient-elles pû combat-tre de front dans un fleuve aussi peu considérable que celui-là? Car il ne l’étoit pas plus en cetems-d'r? U ]f- n ce ^ u '" c ’‘ J e soupçonne fort encore les six cens voiles des Perles, puisque le même Thucy-dide dit formellement que leur flotte n’étoit que de deux cens galères,

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