L I V R E -V. CHAP. XVI. 54 ,
bre des fuiards des deux précédentes, qui ne sauroient s’écouler entre leurs inrerva-les.
Ce que je viens de dire a été dit ailleurá en différens endroits des Volumes précé-dens, & l’on ne sçauroit trop le répéter, parce que le plus grand nombre, prévenuen saveur des usages communément reçus, fe révolte contre un système qui renversetout l’ordre de notre tactique. Ils ne peuvent souffrir ces colonnes dans un défilé ouun détroit de montagnes, ils aiment mieux leurs bataillons minces fans force & fanschoc, comme si la force de T infanterie ne consistoit pas dans la profondeur de ses sirle» : car si l’on suppose un défilé de six ou huit bataillons de front rangez selon no-tre méthode, tiendront-ils contre un front de seize colonnes? Car j'en oppose deuxà chacun de ces bataillons minces flottans. Us allèguent toujours la coutume p our lesmoindres innovations. Mais on leur a fait assez voir combien il y a de mécompte dansles sentimens les plus généralement approuvez : car je n’ai affaire qu’à ces gens-là quifont d'une humeur infiniment peu accommodante, comme si la coutume, destituéede raison, pouvoit être mise au rang des bonnes preuves auprès des gens raisonnables;ce qui est bon en un certain tems, parce qu’on n’a rien de mieux à pratiquer , doittout aussitôt être abandonne, lorsqu on propoíe des choies infiniment meilleures, 3cqui peuvent causer notre ruine, si T ennemi plus docile les adopte. II faudroit doncplutôt laisser tout bouleverser que d’abolir ce qui auroit été une sois établi plutôt parcoutume que par raison. Où en ferions-nous si cette maxime avoit lieu ? Car il nefaut point douter que le tems & la guerre ne nous obligent aux changemens que jepropose dans la tactique : on ne sçauroit disputer sur un principe de tactique , qui estappuie sur des axiomes, de la vérité defquels on ne sçauroit disputer, & jusqu’iciaucun ne s’est avisé de le faire, ou du moins il me semble que personne n’y a réussi.
CHAPITRE XVI.
Siège de sednelisse par les Selgiens. Setge attaquée à son tour .Trahson de Loghasis . Vengeance qu'en tirent les Selgiens. Con-quêtes d'At talus.
L E même Eté, les Pednélissiens assiégez & preslêz par les Selgiens,dépêchèrent vers Achée pour implorer son secours, & en aianceu une réponse favorable, ils soutenoient constamment le siège dansPefpérance d’en être secourus. Achée leur envoia Gersyéris avec sixnylle fantassins & cinq cens chevaux. Les Selgiens furent avertis dece renfort, & aussitôt ils s’emparérent des détroits qui font près deClimace. 11s postèrent là la plus grande partie de leurs troupes, mi-rent bonne garde à l’entrée de Saporda - Sc rompirent tous les cheminspar où l’on pouvoit en approcher. Garsyéris s’étant jette dans Milya-de, & aiant campé devant Crétople, vit bien que tant que les enne-mis occuperoient les passages, il ne seroit pas possible d’avancer. Pourles en déloger, voici le stratagème dont il usa: il retourna sur ses pas,
y* CQIX&*