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Z42. HISTOIRE DE. POLYBE,
comme s’il eût désespéré de pouvoir porter du secours (a) aux assiégez,depuís que les passages avoient été pris par lesSelgiens. Ceux-ci croiantque la rétraite se faisoit de bonne foi, se retirèrent, les uns dans leur
camp,
(a) II retournai fur ses sas, comme s’il eut déses-péré de pouvoir porter du secours .J De tous les stra -tagémes, ceux qui trompent les plus fins commeíes plus lots, & qui sont en même tems les plusrarement pratiquez , font les fausses retraites. 11faut plus d’art que l'on ne pense pour les mettreen œuvre, Sc plus d’efpace que je n’en ai icipour en traiter : ce Volume est déja trop pleinpour traiter cette matière, qui fera partie de monestai des retraites d’armées. Je dirai seulementque la conduite de Garíyéris dans là retraite si-mulée est celle d’un habile homme. Quand jedis que ces fortes de stratagèmes sent rares, celadoit s’entendre chez les Modernes: car chez lesAnciens on les trouve en assez grand nombre. IIy a une infinité de mesures Sc de précautions àprendre > 8c celles du secret ne sent pas les moin-dres, à cause des fréquens transfuges. J'ai four-ni le moien de leur couper court en plusieursendroits des Volumes précédens. Mais ce n'estpas là pourtant le plus délicat de l’entreprise, c’estla marche Sc la diligence. Celle-ci dépend du bonordre 8c de la profondeur de l'autre. Qu’est-ceque j’entens par ]a profondeur ? La netteté , ledégagement 8c le développement des colonnes:de forte qu’en arrivant en présence de l’ennemi >on se trouve tout d'un tems 8c d’un même mou-vement en bataille, que l’on marche dans l’ordrefur lequel Ton veut combattre, 8c que chaque ar-me se trouve en fa place, c’est-à-dire que Tunedes deux soit toujours prête 8c à portée de sou-tenir l’autre, 8c que chacune soit placée en lieuqu’elle puisse faire son devoir fans qu’aucune de-meure inutile, toutes choses que Ton ne sçauroittrop souvent répéter, que Ton connoiíse le païspar oh Ton va à l’ennemi , Sc celui où il est , s’ilnous soit, trompé par notre retraite , qui n’estque simulée, 8c pour revirer fur lui 8c tomberfur íà marche, que la nôtre soit faite 8c compo-sée de sorte qu’il ne se trouve aucun em-barras dans la distribution des armes , ou descorps de cavalerie 8c d’infanterie : qu’elle soitserrée 8c unie, les chemins remplis, 8c les rou-tes ouvertes 8c fans embarras, les ponts égauxau front des colonnes > 8c qu’il soient d’u-ne largeur à passer à Taise une colonne decombat, c’est-à-dire vingt-six à trente files; queles équipages ne puissent troubler Tunion 8c Tor-dre des troupes dans la marche 8c dans leursmouvemens pour aller à Tcnnemi ; enfin qu’il yait de Tart 8c de la méthode cn tout. Car lorl-que l’un l’autre s’y trouvent, qu’on marchefur des principes certains 8c assurez, 8c sor unemaniéré de combattre qui supplée au défaut dunombre, qui fait peu contre des colonnes, qui nes’cmbaraffent nullement d’être débordées, à cause
de îa profondeur de leurs files, de la violence deleur choc 8c de la rapidité de leurs manœuvres ,qui se font toutes par un mouvement facile 8crégulier, on soit la guerre à coup fur.
Voilà tout ce que j’ai cru devoir dire [desfausses retraites ou des simulées, á l’égard du ca-pital de cette partie du métier des armes quiconsiste dans la marche. Quant aux faits, Po-lybe nous en fournit assez, 8c celui de Garíyérisme paroît extrêmement remarquable. Tout cequi regarde ce Général, 8c tout Tévénement deSelge est curieux 8c d’une instruction peu com-mune pour ceux qui voudront réfléchir dessus :car cet événement fut une fuite de la retraite deGaríyéris. Les exemples ne manquent pas de cessortes de retraites simulées , nous nous contente-rons d’en rapporter deux pour finir ces remar-ques. Polyen me fournit le premier, 8c je tirel’autre des actions de Zisea, comparable aux plusgrands Guerriers de Tantiquité.
„ Autophradatc voulant faire incursion dans le„ païs des Pysidiens > trouva que l’entrée étoit,> fort étroite 8c bien gardée. II s’y présenta avec„ ses troupes,8c comme s’il eût été rebuté de la„ difficulté des lieux, ii recula jufqu’à six stades.„ La nuit survint sur ces entrefaites, 8c les Py-„ lìdiens s’imaginant que les ennemis s’étoierjt,, retirez tout-à-fait, s’en allèrent aussi. Auto-„ phradate en aiant été informé,prit son infan-„ terie armée à la légére 8c ceux de ses soldats,, qui étoient les plus agiles , 8c courant avec„ une extrême diligence, il traverse ces passages,, étroits 8c le déborda dans le pais des Pysidiens,,, qu’il ravagea d’un bout à l’autre. Ce que je vaisdire de'Zifca renferme une soufse retraite 8c unesurprise d’armée.
à grand Capitaine aiant affiégé Vise-grade,ville de Bohême, en 14.10. T Empereur Sigiimondaccourut au secours à la tête d’une nombreusearmée. II y arriva devant le jour même queles Hussjtes y dévoient entrer par le Traité soitavec les assiégez, qui promirent de la rendre, sile secours n’arrivoit pas, 8c ce jour-là le termede la capitulation alloit expirer. Zisea ne trouvapas la partie égale par le nombre de ses enne-mis, il fit promtement retraite, 8c se mit à cou-vert sous le canon de Prague. Les Impériauxravis d’avoir sauvé une place si importante sansrien bazarder, 8c qui bridoit extrêmement Pra-gue , à cause du voisinage, se divertirent de leurmieux : comme si l'ennemi eût été à cent lieuesd’eux. Zisea informé qu’ils ont bû toute la jour-née, ne douta point qu’ils ne dormissent toute lanuit, 8c très-profondément , 8c que tout ne fûtdans une parfaite tranquillité 8c sens aucune ap-préhension de l’ennemi. Il décampe à la sourdi-