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Tome V.
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z8L HISTOIRE DE P O L Y B E,

„ le dernier degré, ils tombent da haut de l’escalier en bas. L’ar gent i nut ii e \„ U n Roi qui ne sçait s’en servir ni pour çoníerver son honneur nì p our étendre„ sa réputation.

Sosibe ne desiroit rien tant que la paix. II ne cherchoit pas que son Maîtreenvahît le bien des autres, mais qu’il recouvrât la basse Syrie, & qu’il y marchâtà la tête d’une puissante armée. Il falloir qu’il comptât beaucoup fur la sagesse& la justesse de ses mesures, fur la discipline des troupes, sur l’expérience des Offi-ciers & des Généraux qu’il avoir attirez en Egypte, pour aller au-devant de l’enne-mi dans E basse Syrie dans la résolution de le combattre. Je suis persuadé qu’ilne la prit pas imprudemment & fans de grandes espérances, il connut parfaitementses forces en les comparant à celles d’Antiochus. II sçavoit très-bien qu’elles luiétoient supérieures en nombre, mais beaucoup inférieures à l'égard de la disciplinemilitaire, & que ses soldats & ses Officiers n’étoient plus les mêmes. C’est ce quePolybe nous apprend. Sans ces considérations il n’eût jamais hazardé de mettretout en risque, en débutant d’abord par une action générale. Végéce me soumitune maxime excellente. Il est difficile, dit-il, d’être surmonté par l’ennemi, d’enêtre battu, lorsqu’on a autant de connoissance de la qualité de ses forces que decelles de son ennemi. Difficile vincitur , qui vere potest de suis & de adverfarìi copiisjudicare. J’ai cru devoir retracer à mes Lecteurs cette politique de Sosibe, car estefournit admirablement de quoi nous instruire.

Voilà l’éloge de Sosibe; il en est bien digne, ce me semble, à le considérer dansce point de vûe : c’est quelque chose d’être louable par certaines cjualitez, quoiquel’on soit peu supportable en d’aun-es contraires. II paroît même dans cette batailleque Sosibe fit tout ce qu’on peut attendre d’un Général entendu & capable d’agirpar lui-même. Polybe nous le fait assez connoître : car pour le Roi, bien qu’il yfût en personne, & la Reine même, ils ne faisoient que représenter ; ce qui n’estpourtant pas d’un petit effet dans les armées. Franchement les Généraux d’Antio-chus y firent moins par tout où ils surent placez. Leur conduite n’est pas fansreproche, & leur Maître étoit plus en droit de s’en plaindre que de ses soldats. Jefuis persuadé que dans les batailles rangées qui se donnent dans une plaine , il sautengager le combat fur toute la ligne, c’est-à-dire que tout donne en même tems,& non pas commencer par une aîle ou par un centre. La raison de cela, est quefl l’ennemi se trouve victorieux à l’endroit où il est attaqué, les troupes, qui nefont pas encore entrées en engagement, étant témoins de cette défaite , fe découra-gent ou rabattent beaucoup de leurs espérances; ce qui fait toujours un mauvaiseffet. Il vaut mieux donner tout d’un coup de toutes parts pour éviter un si granddésavantagé : car tout donnant en même tems, ceux de la droite ne peuvent pas voirce qui se passe à deux pas d’eux, & tous combattent avec une égale espérance. Ceuxqui sont témoins du succès des corps qui sont peu loin d’eux, où à la portée deleur vûe, s’animent & tâchent d’en faire autant de leur côté. Ceux mêmes qui ontvaincu, voiant les autres en peine, & qui n’ont pas eu le même succès, vont à leursecours; ce qui les anime davantage, & fait qu’ils redoublent leurs efforts: car alorson cherche moins à poursuivre l’ennemi, qu’à finir aux endroits où la victoire estencore incertaine & en balance, & plus encore lorsqu’ils ont du pis. Si tout avoirdonné en même tems qu’Antiochus , je fuis persuadé que ce Prince, voiant ceuxqu’il avoir à íâ gauche engagez dans le combat fans avoir encore rien fait, fe fûtinfailliblement replié fur l’ennemi pour le prendre en flanc.

Quelquefois une aîle donne ; plutôt qu’une autre , ou plutôt les ailes, & surtoutdans les grandes armées, qui ne sçauroient combattre que sur un grand front. „ Car

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