z 86 HISTOIRE DE POLYBE,
ne prend pas garde qu’en le poussant, les ailes së trouvent dépouilles de leur ap*pui, & les flancs tout à découvert; l’ennemi qui nous déborde est alo rs en état denous doubler & de nous envelopper» Ajoutez à ce que je dis qu’un Général é-clairé & hardi ne manque pas, maigre les obstacles qu on lui oppose pour n’être pasdébordé, de détacher un corps qui nous tourne & tombe fur nos derrières. Ainsi dansces sortes de terrains la supériorité peut beaucoup, & il semble que cela devroit êtreainsi dans de semblables situations, & plus aujourd’hui que du tems des Anciens, àcause de la profondeur de leurs files > qui rendoit les corps plus. difficiles à rompre : carcette grande épaisseur les meuroit en état de faire front de tous cotez ; au lieu que nosbataillons n’ont pas un tel avantage, & ne font guéres moins foibles, choquez de frontpar un corps un peu plus épais qu’ils ne font a leurs flancs, qui ne sçauroient te»nir. On comprend par-là combien il est dangereux de combattre foible dans une plai-ne contre le plus fort ; ce qui prouve manifestement la foiblesse de notre méthodede tactique, absolument contraire aux régies de la guerre. Quel avantage y a-t-il ìtirer de ces bataillons minces \ Audi le foible a toujours beau jeu au milieu d’unevaste plaine, s’il fuit une méthode toute différente r car en doublant ses files, il estassuré de percer, & je ne pense pas qu’il faille autre chose; mais ce ne seroit pasassez pour ses flancs, qu’il doit couvrir de colonnes de deux sections (r) c’est-à-dire de deux bataillons qui ferment la droite & la gauche des deux ailes de la carvalerie, dont les escadrons seront entrelassez de pelotons fans que les raisonsde ceux qui ne les approuvent pas puissent me faire soupçonner le moins du mon-de que cette méthode ne soit pas tout ce qu’ on ait pû imaginer de plus profond& de plus sensé» Apparemment que les Capitaines les plus célébrés de l’antiquité,& les plus grands & les plus habiles Guerriers d’entre nos Modernes, ont eu tortd’enchaffer des pelotons de mousquetaires parmi les escadrons» Si on en croit unde nos Critiques, qui dit d’une maniéré ironique ,, II faut avouer aussi que les„ pelotons entrelassez ont bien de l'obligation à la cavalerie, si elle est victorieuse :„ car si elle avoit plié, ils eussent été furieusement mal menez par la cavalerie enne-„ mie. C’est dommage que cet Auteur n’ait pas été du tems de Henri IV. deGustave-Adolphe, de M. Turenne, de M. le Prince & de tant d’autres,il n’eût pas;manqué de les désabuser de ces pelotons ; vû que si la cavalerie plie, ce sera grande pi-tié de les voir fous le glaive du victorieux >, & mal menez*.
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Ce n’est pas aflez que de mettre les aîles de là cavalerie entre deux colonnes, il fautencore, si l’on a beaucoup de cavalerie , en inserer une au centre d’une section (4)pour la retraite des pelotons, au cas que la cavalerie vienne à s’en aller ailleurs, com-me î e l’ai déjà dit. Je ferme encore les ailes de mon infanterie de deux autres colon-nes (s) pour couvrir ses flancs, au cas que la cavalerie vînt à être battue, la chosedu monde que les Généraux négligent le plus. Je fortifie mon centre de deux au-tres colonnes (6) pour faire effort de ce côté-lâ. Les bataillons (7) d’entre les co-lonnes fur huit de profondeur. La seconde ligne à peu près dans le même ordre, hors
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