PREFACE.
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Jc ne doute point que le Public ne soit extrêmement surpris, enlisant ce sixième Volume, de ne trouver que le texte de mon Auteur,& de me voir ainsi terminer ma course. Que sont donc devenues, di-ra-t-il, ces belles promesses que fait la Préface du Volume précédent ?Votre science militaire est-elle épuisée ? Non elle ne l’est pas. Quoi-qu’elle ne soit pas inépuisable, il m’en restoit certainement assez pourtenir ma parole. Mais personne n’ignore que des ordres lupérieursm’ont imposé silence, ou ne m’ont permis de continuer à parler, qu’àdes conditions, qui me paroistoient déranger trop le système que jem’étois formé. Au reste j’ai lieu d’eíjaérer qu’on me fçaura gré d’avoirmis au jour les réflexions qu’une longue étude & une expérienceaustì longue m’ont fait faire fur la guerre. Les principes de la scien-ce militaire nous étoient entièrement inconnus, & d’ailleurs les plusbelles Lc les plus sçavantes parties qui regardent le Général d’armée,n’avoient jamais été traitées que d’une maniéré très-superficielle. Jeles ai réduites en principes & en méthode, ce qu’aucun Auteur n’a-voit fait ni pensé à le faire.
On a été là-deíïùs dans de si épaisses ténèbres, l’on croioit si peuque la guerre fût une science & «jw’eUe pût apprendre comme tou-tes les autres , qu’on croioit fermement au contraire que l’on nepouvoit s’y rendre habile que par une longue expérience. Peut-onrien imaginer de plus étrange que cette opinion ! Cependant com-bien est-elle enracinée parmi le plus grand nombre des Officiers!Que leur répondre? Rien: sinon que si les parties différentes de laguerre, entre autres les marches, les mouvemens généraux & la tac-tique , ne pouvoient s’apprendre que par l’expérience ou par un longusage, un Roiaume par exemple comme la France, ou tout autreEtat de l’Europe, approcheroit de sa décadence selon le plus ou lemoins de tems qu’il se maintiendroit en paix, & que si cette paixoù nous vivons durait encore quelques années, je ne pense pas qu’ilen fallût davantage pour renverser l’Etat. Car où en serions-nous?Trouverions-nous des Officiers qui fçûísent ces parties de la guerre?Ceux qui les ont pratiquées, soit par routine ou autrement, seraientmorts ou hors d’état de servir : les autres qui leur succéderaient,tireraient-ils de l’expérience ce qu’ils n’ont jamais vû ni pratiqué,& apprend-on des autres ce qui ne peut s’apprendre que par l’ufa-ge ? Je le demande, encore une fois, où en serions-nous, & sur-tout si nous avions affaire à un voisin qui aurait pratiqué contred’autres ennemis ce qu’une longue paix ne nous a pas permis deiXî.M.voir ni de pratiquer nous-mêmes? Ce que je viens de dire ici, est* ì'Jh. 1 ' fort étendu dans mes Nouvelles Découvertes fur la Guerre , où jerenvoie mon lecteur.
Ce qu’il y a eu de fâcheux pour moi dans un Ouvrage aussi vas-te