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Tome VI.
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VII
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PREFACE.

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te & d’un travail auffi grand que le mien , c’est que je me íûistrouvé entièrement dépourvu du secours des Auteurs dogmatiques del’antiquité. II y en avoit une infinité, mais tout cela s’est perdupar les malheurs & la barbarie des tems. L’Histoire nous a con-servé les titres de quelques-uns de ces Livres, 8c les noms de quel-ques Auteurs qui avoient écrit de la guerre, entre autres de PyrrhusRoi des Epirotes : car pour ce qui est des Auteurs de la moienneantiquité, c’est fort peu de chose. A peine ont-ils donné une idéede la guerre, tant ils font abrégez. 11 ne nous en reste qu’un áudeíïùs de tous les autres, qui est Végéce. Onofander 8c l’EmpereurLéon, tous deux Grecs, n’en approchent pas, 8c tous les trois neíbnt guéres plus étendus que nos Modernes. Mais ils font plusfçavans, bien que la science des armes fût presque tombée 8c mêmeoubliée de leur tems. Je n’en connois que deux parmi les Moder-nes qui puissent les égaler, Montécuculi 8c le Duc de Rohan, grandsadmirateurs des Anciens, qu’ils connoiíïòient parfaitement. Ce 11 ’estpas dans la moienne antiquité qu’il faut aller chercher nos Maîtres ,comme ils le disent eux-mêmes , c’est chez les Grecs 8c les Ro-mains, lorsque ces peuples étoient dans leur fleur & que leur disci-pline militaire, ou pour mieux dire la science de la guerre qui ren-ferme tout, avoit été portée au plus haut point de perfection où cesgrands génies avoient pû la porter. C’est surtout chez les Romainsqu’il faut les chercher. Ce font eux qui d’une routine, car la guerren’étoit autre chose au commencement, paíîërent à des principes cer-tains & aíïùrez par la recherche & l’application -, après quoi la guerres’apprit comme les autres sciences. II y eut alors des Maîtres & desProfesseurs pour Renseigner, 6c l’expérience ne fut plus néceflaire pourformer d’excellens Officiers 6c des Généraux d’armées: elle ne servoitque pour les perfectionner, comme Thucydide , Xénophon 6c Plutar-que nous l’aíïùrent.

II n’est pas surprenant que les sciences aient eu un commencement& que celle des armes, qui les embrasse toutes, ait eu le sien., puis-que la malice 6c les passions des hommes l’ont introduite dans le mon-de ; mais après la décadence de l’Empire Romain, qui engloutit 6csoumit tous les autres par la vertu, le courage 6c la discipline de fespeuples, discipline qui les rendit vertueux 6c courageux; cette bellescience, qui est celle des honnêtes gens, tomba 8c fe perdit entière-ment au moment que Rome croula par les vices, la licence 8c le luxeaffreux de ses citoiens, 6c l’ambition démesurée des Grands. De là lesguerres civiles 8c l’inondation des peuples barbares , qui ne faisantqu’un désert de l’Italie , 8c portant dans la Gréce les mêmes calamitezSc les mêmes horreurs, détruisirent la mémoire dès connoiíîànces que^ on avoit aquifes dans les arts 6c dans ses sciences. Celle de la guerre-

périt