PREFACE.
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périt comme les autres, de forte qu’il a fallu recommencer tout dcnouveau à rechercher ce qu’on avoir fçû si parfaitement plus de quator-ze cens ans auparavant. Mais il me paroît fort étrange que les arts& les sciences aient commencé à renaître,. Sc même aient été portéesau degré devancement où nous les voions aujourd’hui, Sc que l’on aittravaillé si tard à tirer la guerre de fes véritables principes, & à per-fectionner cette science, fans laquelle les autres ne fçauroient femaintenir.
' Cela vient peut-être de ce que l’on n’a point été aíîèz excité à l’étu-dier Sc à Rapprendre. Cependant à quelle science devroit-on plus ex-citer? Si les Princes ou leurs Ministres faiíòient attention au dangerqu’il y a de témoigner de l’indifférence pour ceux qui s’y appliquent,ils feroient les plus ardens à y porter ceux en qui ils remarqucroientdes dispositions pour Raquérir. Par cette indifférence, on ruine l’ému-lation & le désir de bien faire, Sc l’on expose l’Etat à une entière dé-cadence. Quand ensuite on ouvre les yeux, il est toujours trop tard :l’on voit avec étonnement qu’il n’y a plus de remède au mal, Sc l’ons’apperçoit que l’on est aussi peu en pouvoir de punir la désobéissanceSc la lâcheté, que de récompenser les bonnes actions, que personnene cherche. L’Histoire ancienne Sc moderne est toute parsemée de cessortes d’exemples. On fe souviendra des Romains, où les armes é-toient si fort en estime, Sc chez lesquels la reconnoiílànce des servicesSc de la vertu militaire n’avoit point de bornes: non plus que le châ-timent des mauvaises actions. C’est fur ces deux pôles que toute puis-sance doit se soutenir, ôtez un de ces deux appuis, il faut que touttombe. Les Egyptiens, si grands politiques, fçavoient cela avant lesRomains, Sc à Regard de leur milice leur politique étoit admirable.Jamais troupes n’ont été mieux traitées à l’égard de leur solde, plushonorées Sc plus dignement récompensées que celles-là II faut enten-dre Hérodote Sc Diodore là-dessus. M. Rollin, qui est un Auteur trèspoli, n’a pas manqué d’en parler. Voici ce que dit Diodore dans cetrufk" m 't Auteur, qui mérite d’être remarqué des hommes d'Etat: far-là , dit-Z cì.s' il, parlant de la maniéré dont on traitoit les soldats, on les rendoitwv?.' plus affectionnez & plus courageux -, & l'on trouvoit ., remarque‘Diodore , que ç'eût été manquer contre les régies non seulementde la bonne politique , mais du bon sens , que de confier la défense& la fureté de l'Etat à des gens qui n’auroient eu aucun intérêtà fa conservation. Leurs biens mêmes n’étoíent sujets à aucun im-pôt, non plus que leur solde: tout au contraire du tems de Tibè-re, comme Rassure Tacite, on retranchent toujours une partie de lasolde des troupes Romaines, ce qui causa une infinité de révoltes,avilit enfin la milice, & lui abattit le courage: car rien ne l’énerveplus que la pauvreté.
L’Egyp-