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Tome VI.
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IX
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PREFACE. i*

L’Egyte tomba comme tous les autres Empires qui négligentla discipline militaire, Sc qui n’ont aucun ménagement ni aucun soindes troupes. Sethon en est une bonne preuve. II negligea la milice Scl’eut en st grand mépris, croiant la paix éternelle, qu’il lui ota tous sesprivilèges, Sc alla jusqu’au point, dit le même Auteur, de les dépouil- ai *!" uler des fonds de terre que les Rois ses prédécesseurs lui avoientassignez. Que pouvoit-il arriver d’une fi miíerable politique ? Laguerre íe fit-elle à peine sentir, que les Officiers 8c les soldats accablezde tant d’injures 8c de mépris, ne voulurent point marcher. Cet in-digne Prince y qui se vit déserté de tout ce qu’il avoit de troupes, levapromtement une armée composée de tout ce qu’iî y avoit de canailledans ses Etats, ne croiant pas qu’il fallût autre chose pour avoir dessoldats que de les armer. II marcha au Roi des Arabes, Sc se fit bat-tre de la maniéré du monde la plus complette. L’Ecriture nous l’ap-prend , comme M. Rollin le remarque. Mais Hérodote ne dit pascela. II prétend, fur le témoignage fans doute des Prêtres Egyptiens,que les Dieux se mêlèrent de cette affaire. Il falloit un prodige pourfaire vaincre une telle armée, 8c un Roi dévot. Une multitude derats fut chargée de cette besogne-, ils rongèrent toutes les cordes desarcs 8c les courroies des boucliers de l'armée ennemie, & cela dansune nuit : de forte qu’elle sc vit désarmée 8c contrainte de prendre îafuite. Fable impertinente, plus digne d’être racontée dans un cerclede vieilles Sc de nourrices, que d’être consacrée à la postérité par unHistorien auffi sensé que ce Grec célébré.

Ceux qui ont de la disposition pour la guerre, dont le nombre n’estpas grand , quelque peine qu’ils se donnent, quelque effort qu’ils fas-sent pour s’y rendre habiles, s’ils n’ont aucun principe ni méthode pourl'étudier, Sc s’ils espèrent d’aquérir cette science par l’ufage, ils n’enviendront jamais à bout : car les parties de la guerre se présentent surtant de cas divers Sc de faces différentes, 8c si dissemblables par la na-ture des lieux, qu’il est impossible que l’expérience puiffejamais nousservir de leçon, si nous ne joignons à cette expérience une étude per-pétuelle Sc très-méditée de l’Histoire ancienne Sc moderne, & plusieursautres connoiffances auffi nécessaires. II faut qu’elle soit encore accom-pagnée d’obfervations Sc de recherches, Sc je ne dis rien 'ici que monAuteur n’ait dit avant moi-, ce qui nous conduira comme par la main àla découverte des principes, fans lesquels il n’est pas possible de rien éta-blir d’affûré dans la science que je prêche si fort.

D’ailleurs on ne peut douter que les hommes ne scient nez avec tou-tes les qualitez, le naturel 8c les caractères propres à déterrer peu à peules arts Sc les sciences, pour peu d’application qu’on donne à cellespour lesquelles on a du penchant; étant certain qu’ils ne sont pas nezavec ces arts 8c ces sciences. Chacun sçait qu’elle s ne leur sont pas na-

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