PREFACE. xxj
de cela dans mes Ouvrages , ausquels je reviens après cette petite di-gression.
Qu’il me soit permis de dire ici ce qu’il me semble que les décou-vertes 8c les principes qui s’y trouvent' répandus ont eu jle bonheur d'ê-tre approuvez non feulement par tout ce qu’il y a d’habiles Guerriers& d’hommes de Lettres dans le Roiaume, mais encore par les Alle-mans, les Anglois 8e les Hollandois. II y a deux íçavantes Critiquesimprimées de deux Officiers de ces derniers. Je souhaitois ardemmentde connoître ces deux Auteurs, tant je fuis satisfait de leur maniéréd’attaquer un Ouvrage. Rien de plus poli, de plus civil, de plus hon-nête Sc de plus judicieux j mes amis fe sont íi bien remuez en Hollan-de, que j’ai enfin appris que l’Auteur de la Critique, à laquelle je vaisd’abord répondre, est M. Terson, Lieutenant Colonel du régiment duPrince de Nastàu Siégen, 8c on attribue l’autre à M. de Savornin, Gé-néral Major des armées de Hollande, qui est un sçavant Officier d’in-fanterie, que j’ai l’honneur de connoître pour avoir été son prison-nier.
C’eût été une espèce de merveille, si ces deux habiles hommesécrivant ainsi avec politesse, n’euslknt pas été versez dans l’infante-rie 8c les grandes parties de la guerre : car l’ignorance feule peutsubstituer aux raisons , des malhonnêtetez grossières Sc des termesoffensans. II faut que je l’avoue, les remarques- de ces deux Mes-sieurs sont bonnes, solides Sc sçavantes, bien qu’ils n’aient pas tou-jours bien pris garde aux objections qu’ils me font, que je m’étoisfaites moi-même , Sc que j’avois réfutées. Rien ne me fait plusd’honneur que d’avoir à me défendre contre de tels Adversaires.
Quand on est bien réfuté , dit le sçavant M. le Clerc très-judicieu-sement dans son Extrait du Livre des Observations de GottfrediOceralius, on en doit être bien aise , paree qu'on en peut profiter , frque le public en profite auffr. quand on l'efi mal , on ne doit pas nonplus en être fâché , puisqu'on voit par-là qiion ne s'étoit point trom-pé -, ò* que le public ne manque pas de le reconnoìtre tòt ou tard. Ce%'eft que la ■vérité que l'on doit rechercher que l'on efi toujours obligéde suivre , & qu'il faut fans doute préférer â fa réputation, fi'néan-moins la réputation en souffre, ee que je ne crois point. C'efi plutôtl'augmenter que de la diminuer , quand on reconnoît de bonne foi qu'ons'étoit trompé', comme elle doit diminuer au contraire fi l'on témoignede l'opiniâtreté , rien ne peut f âcher que les expressions malhonnêtes& de mépris encore retombent-elles plutôt fur ceux qui les emploientque fur ceux quï les souffrent.
La première de ces deux Critiques contre mon Système desColonnes, est inférée dans les Lettres S trieuses & Badines fur les v mOuvrages des Sçavans , &c. elle compose deux Lettres à un ami , fils f.
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