PREFACE. xìiij
cette recherche, ce qui paroît dans ses Ouvrages, fans que nous aionspris des mesures ensemble pour délivrer les gens de guerre de l’erreuroù ils fe trou voient à l’égard de la force de l’infanterie. Nos systè-mes font a fiez différens, mais les principes íònt les mêmes. Cet habi-le Auteur militaire convient que toute ía force consiste dans la profon-deur de ses files, 8c des armes de longueur mêlées avec les courtes. LcCritique demeure d’accord de tout cela, 8c du mélange de mes ar-mes, puis on voit visiblement par tout ce qu’il dit qu’il est force deconvenir qu’en effet cette profondeur 8c mes armes sont tout ce qu’onpeut opposer de plus redoutable au nombre 8c à la valeur. Comme ilseait parfaitement son infanterie, il embrasse ce sentiment, &^en mê-même tems la colonne. Je conseille aux gens de guerre de lire cetteCritique , où je renvoie mon lecteur : elle mérite son attention 8cfait honneur à son Auteur. Voici comme il parle dans la page 106.
„ Quoi, direz-vous ! cette cavalerie 8c cette infanterie que vous ve-„ nez d’opposer à un bataillon, qui ne fait qu’une section de la colon-„ ne, n’y trouve nulle prise ! Ce bataillon est donc invincible, 8c par„ conséquent la colonne l’est aussi. Non sans doute, mais pour en„ venir à bout, je crois qu’on sera obligé de s’y prendre comme lc,, fameux Prince de Condé s’y prit à la bataille de Rocroi, où ne,, pouvant avec fa cavalerie victorieuse tirer aucune raison de ce fa-„ meux corps d’infanterie Espagnole qui faisoit front par tout , il„ lui opposa de plus son infanterie. Ces deux armes étant jointes en-„ semble, réduisirent à une capitulation honorable ce brave corps, qui„ malheureusement s’enterra , dans cette occasion, avec cette haute„ réputation que l’infanterie Espagnole s’étoit aquiíe depuis longtems,
„ & qu’elle s’étoit toujours conservée, ll l’auroit obtenue de la géné-„ rofité de ce Prince, certe capitulation, fans le hazard, qui s’y op-posa. Aussi n’y avoit-il pour ce corps, quelque bien armé & difpo-,, sé qu’il pût être, que ce seul parti à prendre pour se tirer heureuse-„ ment d’affaíre. A la vérité d’infanterie à cavalerie, il s’étoit trouvé„ supérieur en armes: d’infancerie à infanterie, il auroit pû se trouver,, égal; mais d’infanterie à cavalerie 8c infanterie jointes ensemble, il„ jugeoit bien qu’il ne pouvoir que lé trouver inférieur. Car lì l’épée„ de la cavalerie 8c ses autres armes n’avoient pas été capables de fai-„ re ouverture dans ce corps pour le rompre, les mousquets de l’in-„ sauterie l’étoient. Ne feignons pas. La colonne entière ou une de„ ses sections,se trouvant dans la nécessité de combattre tout à la fois,
„ & la cavalerie 8c l’infanterie agissant de concert, elle ne se tireroit„ pas mieux d’affaire que ne sit ce corps Espagnol C’est bien a fiez„ que de seul à seul, elle puiíse avec raison se vanter de quelque„ chose.
Lorsqu’on a entrepris de réfuter un système dans ce qui nous
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