P R E F A CE. xlvij
il ne peut pas lui revenir un grand avantage de son feu , ni fur de ■
/’infanterie qui agira fur un grand front , ni fur la cavalerie , quilassant la les faces , s'attachera uniquement aux angles. La raisonejt qu'il ne peut tirer qu’en ligne perpendiculaire sur son front , quiétant déja fort petit , ne fçauroit toucher que ce qui lui ejl dìreste-ment opposé en ce sens. Î1 me pardonnera íl je lui dis qu’il ne prendpas garde que nous íbmmes à deux de jeu à l’égarddu feu, 8e quel’en-nemi ne m’en fçauroit fournir une amorce de plus que je lui en donne.N’ai-je pas donné une Figure dans mon Traité de la Colonne, qui faitvoir clairement que les feux de mes faces font obliques ? S’il supposeque le bataillon mince 8e à grand front n’en viendra pas aux mains,qu’il m’évitera, 8e qu’il me servira de tout son feu à une certaine di-stance, je me trouve alors dans mon avantage, 8c je lui fais connoîtrel’activité 8e la légèreté de ma colonne dans ses mouvemens, 8e la pe-santeur de son bataillon mince dans les siens, ou à grand front. Jemarche droit à ce bataillon flottant Le chancellant, je le joins fans pei-ne Le je l’ouvre par le choc du mien : car d’échapper à fa sphère d’a-ctivité, cela ne peut arriver. S’il y en a deux Le de la cavalerie, car ilmet de tout contre ma colonne, je me partagerai en deux, & je leuropposerai des files de douze contre d’autres de quatre.
Le Censeur devoit un peu mieux développer ses autres raisonnemens,qui fans ce défaut paroîtroient plus solides. J'ai déja dit que son feualloit à rien par ma méthode Le par la rapidité des manœuvres de macolonne. Quant à fa cavalerie qui m’aborde 8e s’abandonne fur moi,non aux faces, mais aux angles-, ces angles, qu’il allègue j font, selonmoi, une imagination, puisqu’ils n'offrent aucune prise par leur peti-tesse, Le il le fait voir luí-même: car il dit que si mon front, c’est-à-dire la tête de ma colonne, est petit, les angles le font aussi. Ils é-chappent donc à la cavalerie : comment s’y prendra-t-on pour les atta-quer? 11 ajoute que le feu de mon front est fort peu redoutable, parlaraison que je ne puis tirer qu’en ligne perpendiculaire, 8t que ce frontétant fort petit , je ne sçaurois toucher que ce qui lui eft direhlementopposé en ce sens. Prend-on bien garde à cette objection? Attendrai-je qu’ils me paslènt par les armes, s’ils se plaisent à ce jeu? J'irai àeux, s’ils n’ont pas envie de venir à moi: mon feu est il perpendicu-laire ? Du moins celui de mes faces ne fçauroit l’être : & ne voient-ellespas le bataillon à grand front qui me canarde ? Elles le voient tout en-tier , & par un feu oblique. Ma compagnie de grenadiers, qui mesert de réserve, est-elle comptée pour rien ? J’avoue que mon feu estpar rangs-, mais il n’est pas moins fourni, moins vif 8c moins uni quecelui des pelotons : car tous mes rangs tirent les uns après les autrespar la méthode que j’ai.donnée. Si l’on m’aborde, les pelotons de-meurent dans le silence; qui peut en disconvenir?
Ecou-