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Tome VI.
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XLVIII
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xlviij PREFACE.

Ecoutons encore notre Critique éclairé. Une autre raison , dit-il,c'éfl que son feu étant par rangs , ^ rarement un feu d'ordre , ne peutpas l'être ici , à cause de l’eloignement des Officiers distribuez pres-que tous au front fy à la queue , de forte qu'U ne peut y en avoir as-sez, aux rangs pour les gouverner , chose qui feroit pourtant nécessai-re pour les faire tirer à propos fy en bon ordre. Le Censeur ne prendpas garde que mes Officiers font beaucoup plus près les uns des autresqu’ils ne le font dans un bataillon à grand front ou raréfié, q u'on mepasse cette expression , à cause de la grande profondeur de mes files.F.st-il bien difficile aux soldats d’entendre le commandement de leursOfficiers qu’ils ont devant eux , Sc dont on peut partager à chacunun certain nombre de files ? On pourroit bien plutôt rétorquer ce dé-faut au bataillon à grand front qu’a ma colonne. Cette distributionde files à chaque Officier se pratiquoit chez les Grecs dans leur pha-lange, qui étoit de seize de profondeur, & les Officiers étoient à latète comme les miens, qui bordent toute ma colonne. II n’a pas prisgarde que mes Officiers font presque tous distribuez au front 8c a la queue,ôcqu’ils bordent toute ma colonne comme un mur qui couvre tout. Cequ’on remarque de plus admirable dans ma maniéré de la former, c’estque tout ce qu’il y a de vieux soldats & de plus brave borde ma colonne, &enferme en dedans ce qu’il y, a de plus mauvais 8c de moins expéri-menté: il n’a pas conte davantage a M. de Robert, qui a découvertcette belle 8c sçavante évolution, de la former de la sorte, que s’ill’avoit fait autrement. Suppose-t-on que ma colonne n’est composéeque de soldats de recrue, qu’ils ne sont ni aguerris ni disciplinez, Scqu’ils ne scavent pas ce qu’ils ont à faire en présence de l’ennemi, 8cqu’ils aient oublié par un fréquent exercice à tirer par rang? Faut-il lavoix de Stentor pour sc faire entendre dans un si petit espace, pouravertir les soldats de ce qu’ils doivent faire ? Ces objections fur de tel-les suppositions me paraissent bien foibles: après avoir très bien prouvéla force Sc l’excellence de ma colonne, mon Censeur ne peur pas avoiroublié qu’elle est couverte 8c fraisée par tout de mes pertuisannes, 8ccependant il raisonne comme s’il n’y en avoit qu’un seul rang, 8c re-vient fans cesse à ses feux qui font la chose du monde qui m’inquiéte lemoins. II prétend que mon premier rang sera détruit, 8c parmi lesmorts ou blessez , avant qu’il puisse joindre son foible 8c mince batail-lon , qui ne íçauroit résister un instant contre la violence de mon choc.II faudrait pour cela que mes soldats ne tirassent qu’avec de la poudremouillée contre de la sèche, Sc qu’ils ne chargeassent qu’avec de menuplomb, comme s’ils n’avoient à combattre que contre des alouettes oudes étourneaux, 8c véritablement on ne íçauroit en faire guéres plus decas, lorfqu’on combat selon la méthode que nous suivons. Je crois sa-voir démontré dans mes Ouvrages, 8c contre tous mes Censeurs, en

repous-