PREFACE xlix
repoussant toutes les attaques qu’on a livrées contre mes principes. IIme semble qu’il n’y a guéres d’apparence que l'on parvienne à une con-noislance plus exacte de la force de l’infanterie, Sc que l'on trouve uneméthode plus excellente que la mienne pour résister a toutes sortes d’ef-forts; puisque jusques ici on n’a rien trouvé ni pû découvrir quipuisse attaquer solidement mon Système.
Malgré toutes les attaques que mon Critique m’a fait eflùier dela maniéré du monde la plus honnête Sc la plus civile, où il pa-roît même que les préjugez de la coutume n’ont aucun pouvoirfur lui, 8c qu’il se moque de la vénérable routine,- malgré tout ce-la, dis je, il avoue qu’on ne sçauroit combattre sur des principesplus certains que ceux que je propose. Voici ce qu’il dit des avan-tages de la colonne.
Je ne fçaisi ces remarques ne suffisent pas , dit-il, pour nous fairejuger des avantages qu'on pourroit tirer d'une infanterie formée dtous égards fur le modèle de ce bataillon (la colonne) qui f ait notresujet. En voici au moins quelques-uns qui , selon moi , fe présententnaturellement , & dont le premier pourra servir de fondement auxautres. Cet avantage est que ce bataillon est impénétrable à la cava-lerie*, qu'en même tems il est en état de rompre tout autre bataillonqui ne fera pas armé comme lui & qui ne combattra pas fur les mê-mes principes , & qu'un tel bataillon est en état de paffier par tout ,soit plaine , soit pais fourré. Si c'eji plaine , il n'a qu'à marcherfur la cavalerie qu'il t rouve fur [on chemin , couvert de [es armes delongueur. Son feu servi avec modération ô 1 à propos est seul capablede l'écarter. Si l'infanterie y tient ferme , il ne faut que la joindrepour la rompre. Si c'efl pais fourré , où l'infanterie ennemie fe ser-vant de ses avantages , Je couvre d'une haie ou autre chose sembla-ble , pourvu qu'elle Joit accessible , il ne s'agit que d'avancer a grandspas , a quoi /’ordonnance de ce bataillon semble être destinée* Apresavoir ejjuié une feule décharge , dont il n'y a qu'une petite partie quipuisse faire du mal , obligeant ainsi l'ennemi a quitter son poste , il lefranchira auffitôt , & tombera brusquement fur tout ce qui tient fer-me. S'il s'agit dêm retranchement , en prenant quelques précautionsde plus , il n'a qu'à agir de même pour atteindre au même but.
Je ne le chicanerai donc pas dans ce qu’il dit à l’égard de lacavalerie , il n’y a qui que ce soit des habiles gens qui ne lui ap-plaudisse , comme ils ont fait dans ce que i’en ai dit dans monCommentaire, ses réflexions font très-judicieuses Sc très-íòlides. Jene fçaurois mieux terminer cette Préface qu’en copiant le paflà^etout en entier j il est long, mais très-instructif Sc très-néceflaire.
„ Malgré le respect , que la cavalerie de nos jours -a marqué,, pour le feu, la pique ou la baionette de l’infanterie, dit cet ha-
Tome VL g „ bile