I
PREFACE.
Ce qríiïfaut fairefour se pas-fer d’en a-voir tant .
„ bile Officier , comme cette dernière combattoit toujours fur un„ grand front & fur peu de hauteur, incommode dans les mou-„ vemens Faciles à rompre, on n’a pas laide de tenir constamment„ pour maxime, qu’une armée de beaucoup inférieure en cavalerie,
„ bien que supérieure en infanterie , doit éviter les plaines , 8c„ qu’ainsi pour remédier à cet inconvénient, il faut tâcher d’avoir„ non feulement une bonne cavalerie, mais de savoir surtout éga-,, le , si ce n’est pas supérieure , à celle de l’ennemi. De là cette„ attention de préférence sur cette arme, la grande quantité qu’on„ en a voulu avoir, 8c les dépenses excessives, tant pour fa levée,
„ que pour son entretien. De là cette grande consomption de four-„ rage, qui faute de m aga lins fuffifans décide du succès de toute,, une campagne, 8c souvent de toute une guerre. De là la nécef-,, fité de décamper, faute de subsistance, en quittant un poste im-„ portant. De là l’impuissance d’entreprendre un siège, d’en tenter„ la levée, de fournir amplement les places attaquées ou menacées,„ 8c d’attaquer ou de soutenir un poste de pais fourré ou d’un re-„ tranchement faute d’une nombreuse infanterie.
„ Vouiez-vous remédier à tout cela? Voulez-vous ne pas être obli-„ gé de vous cacher dans des pais fourrez ou derrière des retranche-„ mens? Voulez-vous avec confiance vous produire en rase campagne?,, Aiez de cette infanterie qui paíse par tout. Aiez fur elle cette atten-„ tion de préférence, diminuez le nombre excessif de cette cavalerie,, qu’on a vû paroître, fixez-le hardiment à la moitié. Quand ce fe-,, roit moins encore , vous en aurez suffisamment pour votre usage.„ Vous trouverez par-là le moien d’augmenter considérablement votre„ infanterie 8c le nombre de vos combattans, fans qu’il vous en coûte„ davantage. Deux escadrons de moins, faisant ensemble trois cens„ combattans , qui ne peuvent vous servir que dans certaines occa-„ fions , vous donneront un bataillon de six cens combattans, qui„ pourront vous servir par tout. Cette diminution de votre cavalerie„ vous épargnera des sommes considérables, bien des peines 8c un„ tems infini, qu’il faut pour Rétablissement de vos magasins, à l’en-„ trée de la campagne. Elle vous donnera la facilité de prévenir l’en-„ nemi 8c de vous saisir d’un poste, dont le succès de la campagne„ dépendra. Par-là vous serez en état pendant le cours de la cam-„ campagne d’obliger l’ennemi, manque de fourrage, à décamper le„ premier, chose dont vous pouvez tirer souvent de très-grands avan-„ rages , tant pour l’offensive que pour la défensive. II y a plus.„ Cette augmentation de votre infanterie vous rendant si considérable-„ ment supérieur en infanterie à votre ennemi, vous serez le maître„ d’entreprendre plus facilement des sièges, d’en tenter la levée, de„ fournir amplement vos places attaquées ou menacées, de conserver