PREFACE. H
„ sûrement vos postes, & de faire quitter facilement à l’ennemi ceux„ qu’il occupe.
11 eût été à souhaiter pour l’instruction de ceux ausquels les gros Li-vres font peur , qu’il n’eût pas été si laconique en cette rencontre : ileût trouvé encore d’excellentes choies à dire fur cette matière , dumoins eût-il pû renvoier son lecteur à mon Commentaire, & citer lesendroits où se trouvent les raisons dont il se sert, & desquelles ila profité en faveur de mon sentiment, n’en aiant. extrait que lamoindre partie : car rien n’importe. plus aux Princes & aux hom-mes d’Etat, comme aux gens de guerre, que de mettre toute leur at-tention à lire & à bien méditer ce que je dis du trop grand nom-bre de cavalerie. S’ils prennent cette peine, ils ne seront pas unmoment en suspens à. l’égard de l’erreur où toutes les Puissances del’Europe font encore fur ce prodigieux nombre de cavalerie : carqui est-ce qui ne voit pas, par les.deux longues guerres dont nousavons été les témoins, que ce nombre exorbitant de cavalerie étoitinutile? 11 n’y a guéres plus de soixante ans qu’elle étoit plus foiblede plus de la moitié , & M. de Turenne trouvoit encore qu’il yen avoit trop, ne se souciant pas trop de la supériorité de cettearme, la faisant même attaquer par son infanterie, &c suppléant àsa foibleíso par des pelotons de mousquetaires entrelaísez parmi ellepour la^soutenir, tant il mettoic de confiance en son infanterie,qu’il mettoit à tout. ....
Qu’on ne s’avise pas de me citer la Maison du Roi, si brave,si ferme & si intrépide, la seule peut-être au monde, tranchons lemot, l’unique, qui puisse se vanter d’être pure & nette en son hon-neur & sans nul reproche. Cc font fans doute les plus braves 8cles plus valeureux hommes du monde, & si pleins d’honneur, queje ne pense pas que depuis les Anciens il se soit rien vû de sem-blable. Je prens le mot d honneur dans toute son étendue, c’est-à-dire dans tout ce que le militaire a de vertueux 8c de digne d’êtreestimé. Qui est-ce de toutes les nations de l’Europe qui ne sou-scrive à tout ce que je dis? Qu’on ne me la cite pas, encore unefois,‘cela ne prouveroit rien contre moi.
Seroìt-il impossible de former , de discipliner & d’infpirer un sem-blable & même honneur dans tout ce qu’il y a de cavalerie au monde?.Non fans doute il ne le scroit pas: est-ce que ces hommes qui la com-posent sont paîtris d’un autre limon qufc nous ne le sommes? II estdonc possible de former des hommes semblables, 8c de leur influer lemême esprit & le même honneur. II en est ainsi de l’infanterie, 6c ilest même plus aise de la rendre encore plus redoutable, par de bonnesloix & une discipline mieux entendue que celle qui est en usage, quine consiste uniquement qu’au maniement des armes , comme si cela
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