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Tome VI.
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LII
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PREFACE.

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suffisoit. Celle des Prussiens, dont on parle tant, est plutôt unedifci-* pline de corps que d’esprit, comme celle de tous les autres. Nousavons rejetté tout cela, nous en avons ôté , pour ainsi dire, tout leméchanisme, 8c formé un système tout nouveau de discipline militairesur des principes 8c une méthode plus simple 8c plus aisée à pratiquer,& infiniment plus assistée pour former de braves soldats 8c des Officierscapables de les commander, 8c d’inspirer aux uns 6c aux autres cet es-prit 8c cet honneur qui nous portent aux grandes actions 8c à fuir lesmauvaises : car par ma discipline on va de soi même à la connoissancedes grandes parties de la guerre.

II ne me seroit peut-être pas difficile d’expliquer pourquoi certainsréffimens, qui ne font pas mieux disciplinez ni mieux d restez que lesautres, conservent depuis très-longtems je ne sçai quel esprit 8c quelhonneur qui les porte à s’exposer aux plus grands dangers, 8c à nerien craindre, 8c surtout en France, comme entre autres le régimentde Navarre 8c la Vieille Marine, qui, semblables à la Maison du Roi,sont sans peur 8c fans reproche 8c d’une hardiesse inconcevable, quiattaquent tout fans délibérer, quelque nombre qu’il se présente, 8c enviennent toujours à bout. C’est un esprit particulier, diront quelques-uns, 8c je fuis de leur avis, 8c le souvenir de tant de belles actionsqu’ils ont faites qui les anime, 8c les Officiers comme les soldats se lestransmettent les uns aux autres, 8c pensent toujours à bien faire pourne point perdre une réputation si précieuse 8c si digne d’être conservée.Le souvenir de ces actions, 8c l’estime comme la confiance que les Gé-néraux ont en eux dans les affaires qui font dans leur crise, tout celafait un effet surprenant dans leur esprit 8c leur éléve tellement l’ame,qu’il n’y a rien qu’ils ne surmontent, sans qu’on puisse dire que la dis-cipline 8c les loix militaires y aient la moindre part ; mais s'il ne restoitplus aucun des vieux Officiers qui entretinssent ces braves hommes danscet esprit, il seroit à craindre qu’ils ne le perdissent absolument, f cl’ai déja dit, 8c j’ose le répéter. Je crois avoir heureusement décou-vert 8c tiré de l'oubli, après tant de siécles, cette admirable discipline,ce bel art de former de braves soldats 8c des armées obéistantes, plei-nes d’honneur , 8c capables de tout oser 8c de tout entreprendre. IIme seroit aisé de prouver par une infinité d’exemples anciens 8c moder-nes, qu’il n’est rien de plus facile que d’introduire dans les troupes 8cdans les armées la discipline la plus sévére 8c les remèdes les plusamers pour les porter aux vertus guerrières, sens craindre les fuites d’u-ne trop grande sévérité, qui est toujours moins dangereuse que cellesqui naissent d’une trop grande mollesse à ne point changer ce qui estcapable de tout perdre.

L’Empereur Aurélien , sans remonter plus haut , manqua-t-il soncoup lorsqu’il pensa à rétablir la discipline Romaine dans ses armées,

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