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Tome VI.
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LIVRE VI. CHAP. III. 9

Tant que les Consuls restent dans la ville, ils font maîtres des affai-res publiques. Tous les autres Magistrats, à l’exception des Tribuns,leur font soumis èc leur obéistèjit. Ils conduisent les Ambaíladeurs dansle Sénat. Dans les délibérations ce font eux qui font le rapport deschoses fur lesquelles il est important de délibérer. Le droit de faireles fenatusconfultes leur appartient. Ce font eux qui font chargez desaffaires publiques qui doivent fe faire par le peuple, de convoquer lesassemblées, d’y proposer ce dons il s’agit, & de faire des loix fur lapluralité des suffrages. Sur tout ce qui regarde la guerre ils ont uneautorité presque souveraine, comme de commander aux alliez ce qu illeur plaît-, de créer des Tribuns militaires, de faire des armées, de le-ver des troupes ; en campagne, de punir qui bon leur semble, & detirer du trésor public tout ce qu’ils jugent à propos, le Questeur lesfuit par tout & exécute fans délai tous leurs ordres. A considérer cet- .te puiíîànce du Consulat, ne diroit-on pas que le Gouvernement desRomains étoit Monarchique Sc Royal ? Au reste, que dans ce que jeviens de dire ou dans ce que je dirai dans la fuite , il arrive dansquelque tems d’ici quelque changement, ce que j’avance n’en sera pasmoins vrai.

Les droits du Sénat sont premièrement d’ètre maître des deniers pu-blics. Rien n’entre dans le trésor, rien n'en lort que par ses ordres.Sans un senatusconfulte les Questeurs n’en peuvent rien tirer , memepour les besoins particuliers; il n’y a que les dépenses à faire pour lesConsuls qui soient exceptées. Ces sommes considérables que les Cen-seurs sont obligez tous les cinq ans d’emploier aux réparations des e-difices publics, c’est le Sénat qui permet aux Censeurs de les prendre.De plus les trahisons, les conspirations, les empoisonnemens, les as-sassinats, en un mot tous les délits qui íe commettent dans l’Italie &qui méritent une punition publique, c’est au Sénat à en connoitre : illui appartient encore de juger des différens qui s’élévent entre les par-ticuliers ou les villes d’Italie, de les reprendre lorfqu’ils manquent àleur devoir, de les protéger 6c défendre quand ils ont besoin de se-cours. C’est lui qui envoie les Ambaíladeurs hors d’ítalie, ou pourréconcilier les Puissances entre elles, ou pour faire des remontrances,ou pour ordonner, ou pour entreprendre, ou pour déclarer la guerre.II donne audiance aux Ambaíladeurs qui viennent à Rome, délibéréfur leurs instructions & donne la réponse convenable. Rien de toutcela n'appartient au peuple , de sorte qu’en l’absence du Consul , ilsemble que le Gouvernement soit purement Aristocratique. Bien desGrecs, bien des Rois mêmes en sont persuadez, parce que tout ce qu’ils. portent d’assaires à Rome est confirmé par le Sénat.

Après cela l’on sera fans doute en peine de savoir quelle part il resteau peuple dans ce Gouvernement ; puisque d’un côté le Sénat a en sa

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