LIVRE VI. CHAP. VII.
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chapitre VII.
«'Peines & récompenses.
C Eux qui ont fait la ronde portent dès le point du jour au^ Tribunla petite piéce de bois. S’il n’en manque aucune, on n a rien ale reprocher, & ils se retirent. Si l’on en rapporte moins qu'il n’ya de gardes, on examine fur ce qui est écrit dessus quelle garde nes’est point trouvée à son poste. Quand on la connoit on appelle leCapitaine. Celui-ci fait venir ceux qui avoient été commandez pourla garde. On les confronte avec la ronde. Si la garde est en faute, laronde austì-tôt produit les témoins qu’eìle a pris. Car elle est obligéeà cela, faute dequoi elle porte feule toute la faute. On assemble en-suite le conseil de guerre. Le Tribun juge , & le coupable est bal-lonné.
Or la bastonade se fait ainsi. Le Tribun prenant un bâton ne faitqu’en toucher le criminel, & austì-tôt après tous les légionaires fondentfur lui à coups de bâtons & de pierres, en forte que le plus souvent ilperd la vie dans ce supplice. Si quelqu’un en echape, il n est pas pourcela sauvé. En vain il retourneroit dans fa patrie, ce retour lui est in-terdit , & personne de ses parens ou amis n’oferoit lui ouvrir fa mai-son. II ne reste plus aucune ressource quand on est une fois tombedans ce malheur. L’Officier subalterne ée le Chef de turme font pu-nis de même genre de supplice, s’ils manquent d’avertir à propos, ce-lui-là la ronde, celui-ci le Chef de la turme suivante. Une punitionfi févére fait que la discipline à l’égard des gardes nocturnes est tou-jours exactement observée.
Les soldats reçoivent les ordres des Tribuns, & ceux-ci des Con-suls. Le Tribun est le maître loríqu’il y a des amendes à imposer,ou des gages à prendre , ou des punitions à faire.
La bastonade est encore le supplice de ceux qui volent dans lecamp, qui rendent quelque faux témoignage, qui dans leur jeunesseabusent de leur corps & fe prêtent à quelque infamie, qui ont étérepris trois fois de la même faute. Tels font les crimes punissables.II en est d’autres qui font pour les soldats une note de lâcheté ècd’infamie : comme par un exemple si par intérêt on fe vante auxTribuns d’un exploit que l’on n’a pas fait., si par crainte on a aban-donné son poste, ou jette fes armes pendant le combat. Aussi voit-on des soldats qui dans la crainte d’être punis ou déshonorez braventtous les périls , Lc qui attaquez par un nombre beaucoup supérieurdemeurent inébranlables dans leur poste. D’autres après avoir perdu
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