livre VI. CHAP. VIII.
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sc pour honnête 8e pour légitime. Enfin la Magistrature cliez eux estannuelle, Le s’exerce comme dans le Gouvernement populaire. Cesdeux Républiques font donc entièrement opposées l’une à l’autre, 8cjene conçois pas comment ces Historiens ont pû dire quelles se reíiem-bloient. je leur passe de n’avoir pas apperçu ces diírerences -, maisaprès avoir montré fort au long que Lycurgue est le seul Legistateui quiait bien connu d’où dépendoit la force Se la durée d un Gouvernement,que toute République ne se soutenant que par la valeur dans la guerre 6cl’union parmi les Citoiens, Lycurgue en bannissant de la sienne le deíirdes richesses en a banni aussi la discorde 8e la dissension; 8e que cetoitpour cela que le Gouvernement de Lacédémone l’emportoit sur tous sesautres de la Grèce: voiant au contraire que chez les Candiots la passiondes richesses y produit, je ne dis pas seulement des divisions particuliè-res, mais encore des séditions générales, des meurtres & des gueiresciviles, comment malgré une différence fi considérable ont-ils o e ireque ces deux Gouvernemens étoient semblables ? Cependant Ephoretraitant de ces deux Républiques en parle en memes termes, a 1 exce-ption des noms propres, ausquels, si l’on manque de faire attention,on ne sçait plus de laquelle des deux on doit l’entendre.
Après avoir prouvé le peu de rapport qu’ont ensemble ces deuxGouvernemens, faisons voir maintenant que celui de Crète n est digneni d’être loué ni d’être imité. II me paroit que toute Repuolique eítfondée fur deux choses, les loix 8c les mœurs, 8c que de là dépendl’estime ou le mépris que l’on fait de ses forces 8c de fa constitution. Orles loix 8c les mœurs que l’on doit préférer, font celles qui rendantla vie des particuliers innocente 8c irréprochable forment tout un Etata l'humanité 8c à la justice: au lieu qu’on doit rejetter celles qui pro-duisent des effets tout contraires. Comme donc on aílure hardimentqu’un Etat 8c les membres qui le composent font justes, lorsqu on yvoit des loix & des mœurs justes ; de même quand on voit régner l’ava-rice parmi les particuliers, & l’Etat se porter à des actions injustes, onest bien fondé à dire que les loix y sont mauvaises, que les mœurs desparticuliers y font déréglées, que tout l’Etat est méprisable. ] ugeonsmaintenant áes Candiots par ces principes. Si vous les considérez enparticulier , il est très-peu d’hommes qui soient plus fourbes Sc plustrompeurs: si vous regardez l’Etat, il n’en est point où l’on prenne desdesseins plus injustes. C’est donc avec raison qu’après avoir nié quece Gouvernement fût semblable à celui de Lacédémone, nous le rejet-ions comme n’étant ni à choisir ni à imiter.
11 ne feroit pas juste non plus de proposer ici la République de Pla-ton, quoique certains Philosophes la vantent beaucoup. Car commedans les combats des artisans ou des athlètes on n’admet pas ceux quin ’y sont pas reçus 8c qui ne s’y font pas préparez -, de même la Répu-
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