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Tome VI.
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LIVRE VIII. CHAP. VI.

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régné dans tout le païs d’en-deça du mont Tau íus , que ses troupes &celles de ses ennemis croioient en sûreté dans la place la plus forte del’univers , cet Achée est assis contre terre, réduit en la puissance deceux qui lui vouloient le plus de mal, fans que personne fçût alors latrahison, sinon ceux qui en étoient les auteurs. Le lendemain au pointdu jour quand les Courtisans se furent assemblez selon la coutume dansîa tente du Roi, & qu’ils virent Achée , il leur arriva ce qui etoit ar-rivé au Roi même-, à peine osèrent-ils en croire leurs propres yeux. (Jndélibéra ensuite quels supplices on feroit souffrir à cet infortuné Prince.II fut conclu qu’après avoir été d’abord mutile, il auroit la tete tran-chée & cousue dans une peau d’âne, & que le reste de son corps feroitpendu à un gibet. Cette éxecution causa une u grande surprise oc unesi grande consternation dans l’armée, que Laodice qui fçavoit seule queson mari étoit sorti , conjectura son sort en voiant du haut de la cita-delle la confusion & le trouble qui étoient parmi les soldats. ^ Un hé-raut étant venu ensuite rapporter à Laodice ce qui étoit arrive a ion ma-ri , Sc lui commander de ne íè plus mêler des affaires & de sortir de lacitadelle, la garnison ne répondit d’abord que par des larmes & desgémiffemens inexprimables , non tant à cause de l’amour qu'ils avoientpour Achée, que parce qu’ils ne s’attendoient à rien moins qu’à un é-vénement si extraordinaire. Après les pleurs , ce fut un embarras ex-trême quel parti l’on prendroit. Antiochus après la moi t d Acheepressa la citadelle fans relâche, persuadé que quelque occasion se pré-senteroit d’y entrer, & que ce feroit surtout la garnison qui lalui feroitnaître. Cela ne manqua pas. Une sédition s’etant elevée parmi lessoldats, il se forma deux partis, l’un pour Ariobaze, 1 autre poui Lao-dice. Et comme ils íè désolent l’un de l’autre, ils ne furent pas long-tems fans se rendre à Antiochus eux & la citadelle. Ainsipeiit Achee,qui après avoir emploié , fans réussir , tous les moiens que I on pmtprendre raisonnablement pour se défendre contre la perfidie, laisse deuxgrandes leçons à îa postérité ; la première, qu’il ne faut ajouter foi fa-cilement à personne; l’autre de ne s’enorgueillir point de la prospérité,mais de se persuader qu’étant hommes nous devons nous attendre àtout événement.

CHAPITRE VII.

Annìbal prend la ville de Tarente par trahison .

L Es Tarentins n’étoient d’abord sortis de la ville que comme pour, faire quelque expédition. S étant une nuit approchez du camp

des Carthaginois , les uns coururent sc cacher dans un bois qui étoitT:orne VI. H sur