LIVRE XV.' C H
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pêcha aussi courrier sur courrier à Massiiiista, pour lui apprendre dequelle maniéré ils avoient rompu la trêve, Sc pour le presser de leverune armée la plus nombreuse qu’il pourroit Sc de le venir joindre endiligence. Car ce Prince, comme nous l’avons dé j a dit, aussitôt aprèslà publication de la trêve, étoit parti avec ses propres troupes, dixcompagnies tant de cavalerie que d’infanterie Romaine & des Ambaíïà-deurs de la part de Scipion, non seulement pour recouvrer le Roiau-me de ses pères, mais encore pour l’aggrandir, avec le secours desRo-mains, de celui de S y phax: ce qu’il exécuta en effet.
Cependant les Ambassadeurs revenant de Rome abordèrent au campde l’armée navale. Sur le champ Bœbius envola ceux de Rome à Sci-pion, & i-erint auprès de lui ceux de Carthage, qui tristes & chagrins,depuis qu’ilz avoient appris l’insulte faite aux Ambassadeurs des Ro-mains , croioient toucher au dernier moment. Ils ne doutoient pasqu’on ne se vengeât sur eux d’une si noire perfidie. Scipion aiant apprisSue le Sénat Sc le peuple Romain avoient approuvé le Traité qu’il a-Toit conclu avec les Carthaginois, & qu’on étoit prêt à exécuter toucce qu’i] avoit demandé, envola ordre à Bœbius de renvoies les Ambass-adeurs des Carthaginois chez eux avec toute forte d’honnêtetez. Cet°rdre étoit, à mon avis, très-í'age & très-prudent. Sçachant que fapatrie aiant un respect inviolable pour les Ambaíîadeurs, toutes ré-flexions faites , il jugea qu’il ne devoit pas tant faire attention àee que méritoient les Carthaginois, qu’à ce qu’il convenoit aux Ro-mains de leur faire. C’est dans cette pensée que modérant fa colèrele désir de se venger , il ne pensa qu’à suivre les grands exem-1 es qu’il avoit reçus de ses ancêtres , Sc à surpafiêr en vertu lesar thaginois Sc Annibal même en opposant sa généreuse probité à leurmauvaise foi.
,Ees Carthaginois ne purent voir plus longtems leurs villes sacca-S e es, ii s envoiérent à Annibal pour le prier de ne plus différer, deapprocher des ennemis, Sc de mettre fin aux affaires par une bataille,e Général répondit qu’à .Carthage on devoit avoir autre chose à pen-er > que c’étoit à lui à prendre son tems soit pour íë reposer soit poura 8 lr - Cependant quelques jours après il décampa d’Adruméte Sc vintcamper à Zama, ville à cinq journées de Carthage du côté du cou-ant, d’où il envola trois espions pour reconnoître le camp des Ro-ams. Ces espions furent pris Sc amenez à Scipion, qui loin de lesdred 5 i COmme on a coutume de faire, leur donna un Tribun avec or-n-innf 6 ' m Montrer fans finesse tout le camp ; Sc après qu’on le leur eutle ur f 6 ’ • CUr àmanda fi le Tribun avoit bien obéi à ses ordres. II& se ° UrniC enc ore des vivres & une escorte pour retourner à leurs gens,étoi t Ur ^commanda de ne rien cacher à Annibal de tout ce qui leurar nve. Annibal fut touché de la grandeur d’ame & de la har-
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