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HISTOIRE DE POLYBE,
Philon, vient au Roi, lui dit quelques paroles fur fa mauvaise fortu-ne, le prend par la main Sc monte dans une galerie qui est entre leMœandre & la Palestre, Sc qui conduit à l’entrée du théâtre- Les deuxpremières portes il les fait bien assurer , Sc passe jusqu’au-delà de latroisième avec deux ou trois gardes, le Roi Sc fa famille. Ces porteséîoient à jour, Sc elles fe fermoient à deux leviers.
11 s’étoit alors assemblé de toute la ville une populace infinie, noflfeulement les rues Sc les places en étoient couvertes, mais encore lesescaliers & les toits. II s’élevoit un bruit confus de voix de femmes &d'enfans mêlées avec celles des hommes. Car à Alexandrie comme àChalcédoine c’est la coutume, dans ces fortes de troubles les enfans sl efont pas moins de bruit que les hommes. Quand le jour fut venu jquelque grande que fût la confusion des voix , on entendent cepen-dant surtout que c’étoit le Roi que l’on demandoit. D’abord les 'Ma-cédoniens sortant de leurs tentes, s’emparent de l’endroit du palais oùfe tenoient les conseils. Peu après aiant appris où étoit le Roi, ils yfurent Sc enfoncèrent les deux premières portes de la première galerie.A la seconde ils demandèrent le Roi à grands cris. Agathocles com-prit alors le danger qu’il couroit, il pria les gardes d’alíer trouver Ie§Macédoniens, Sc de leur dire de fa part, qu’il quittoit le Gouvet-nement, qu’il renonçoit à fa puissance Sc aux honneurs qu’il possédoitiqu’il fe défaisoit même de tous les biens & revenus qu’il avoit, qu’il nedemandoit que la vie & le petit secours nécessaire pour la soutenir, qverentrant ainsi dans son premier état il ne pourroit faire de peine à per-sonne , quand même il le voudroit.
11 n’y eut personne des gardes qui voulût fe charger de cette commis-sion, hors -un certain Aristoméne, qui quelque tems après eut la prin-cipale part dans le Gouvernement. Cet homme étoit Acarnanien-Avancé en âge Sc devenu maître des affaires, il fe fit une grande ré-putation par la sage Sc prudente conduite qu’il tint à l’égard du Roi #du Roiaume: aussi habile en cela qu’il l’avoit été à flatter Agathocles»pendant que celui-ci étoit dans fa plus grande prospérité, isifutle pre-mier , qui l’aiant invité à dîner chez lui, le distingua des autres con-viez jufqu’à lui mettre une couronne d’or fur la tête , ce que la coûrU'me ne permet d’accorder qu’aux Rois. II osa aussi le premier porterson portrait sur une bague. Une fille lui étant née, il lui donna le non*d’Agathoclée. En voilà assez pour le faire connoître.
Aristoméne aiant donc reçu cet ordre, fort par une petite porte #vient aux Macédoniens. A peine eut-il dit quelques paroles Sc ex^ 1 'qué les intentions d’Agathocles , qu’ils voulurent lui passer leurs épé eSau travers du corps. Mais défendu par certains de la troupe qui o e 'mandoient que l’on fît main basse fur la multitude, il retourna vers û'gathocles, avec ordre de lui dire , qu’il leur amenât le Roi,