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Tome VI.
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iOi HISTOIRE DE P O L Y B E,

palpitant. Dès que l’on eut commencé à goûter le sang, on n'atteirâplus sinon que les autres fuílènt amenez. Agathocles parut peu àttems après, chargé de chaînes. A peine fut-il entré dans la foule»que quelques-uns coururent à lui & le percèrent d’abord. C’étoit luirendre un service d’ami , car par-là on le déroba à la triste cataf-trophe qui devoit terminer sa vie. On amena avec lui Nicon, Ag 3 'thoclée nûe avec ses sœurs, & ensuite tous ses parens. On arracha a# ;du Thesmophore Oenanthe, on la mit nûe sur un cheval & on I*fit venir dans le Stade. Toutes ces personnes furent livrées à la p^*pulace , dont les uns les mordirent, les autres leur paísoient l’épéau travers du corps,' & d’autres encore leur arrachoient les yeu*>& à mesure qu’ils tomboient de cheval, on leur arracha les mefl 1 'bres, jusqu’à ce qu’ils fuíîènt tous déchirez par morceaux. Car c’^le vice naturel des Egyptiens, leur colère est toujours accompagnéde cruauté. Dans le même tems, quelques jeunes filles qui avoi etfété élevées avec Arsinoé, aiant appris que Philammon , qui avoúcommission de tuer la Reine , étoit arrivé depuis trois jours dfCyrène, entrèrent par force dans la maison de cet Officier , Sc 3coups de pierres & de bâtons le mirent à mort, elles étranglèrentson fils, qui étoit encore dans l’âge le plus tendre, & aiant traîi^fa femme toute nûe fur la place, elles la maílàcrérent.

Telle fut la fin tragique d’Agathocles, de fa soeur & de toute sifamille. Je sçai les efforts d’esprit qu’ont fait ceux qui ont écrit avantmoi cet événement pour jetter du merveilleux dans leur récit, &pour frapper d’étonnement leurs lecteurs. Ils y ont joint des réfle-xions plus longues que ne méritoíent les choses qui leur donnoien £lieu d'en faire ; ceux-ci rapportant cet événement à la fortune p otfmontrer combien elle est peu stable, & combien il est difficile d’êtf e , !toujours en garde contre fa bizarrerie j ceux-là tâchant de donO eíquelque air de vraisemblance à des faits qui leur ont paru extraO r 'dínaires. Pour moi je n’ai pas jugé à propos de prendre la rnêm epeine au sujet d’Agathocles. Je ne vois dans cet homme-là ni courageni vertu qui le distinguât dans les armes. Sa conduite, dans le manie-ment des affaires, seroit un mauvais modèle, & pour ce qu’on ap-pelle esprit de cour & l’art de tromper finement, on n’en remarquâtpas dans lui le moindre trait : bien diffèrent de Sosibe & de pluficu^autres qui le possédoient au souverain degré, & qui pour cela s’étoie slCrendus pour ainsi dire les maîtres des Rois, qui successivement leur rvoient confié le soin de leurs affaires. Aussi tout le monde fut-il surpt 1 *de son élévation, dont il ne fut redevable qu’à l'impuistànce de régnesoù se trouvoit Ptolémée Philoparor. Après la mort de ce Prince, qu 01 "qu’il lui ftit facile de se conserver dans son poste, il le perdit avec 1*vie & en très-peu de tems par fa lâcheté & son peu de vigueur.