L o u iXV.
494 L E S P R I V J L E G E S
aussi des etablissemens, ce qui produiroit un effet bien contraireà celui que le Placet se propose par le changement delditesCompagnies.
Ce n’est au reste que fur les suppositions mal conçûës du Pla-cet , qu’on est obligé d’entrer dans un détail de raisonnement,qui ne souffre point de répliqué ; car 11 l’on veut examiner lavérité du fait, qu’on y ose avancer, on trouvera que les Acqui-sitions exemptes occasionnées par les mariages des Soldats auxGardes Suisses, sont d’un si petit objet, qu’elles ne pourroientpas faire un sujet de plaintes, quand mème par l’alliance dontles Cantons font honorez depuis plusieurs siécles, & par les Let-tres Patentes dc Henry IV. confirmées par les Rois ses Succes-seurs , les Suisses à la solde de Sa Majesté ne fer oient pas regardezcomme Regnicoles, invitez à s’établir dans le Royaume, & ca-pables d’y acquérir toutes sortes de biens.
De pareils Etablissemens autorisez par des Traitez solemnels,ont toujours subsisté, & le feu Roy les approuvoit avec tant debonté, qu'il permettoit aux Soldats mariez , montant actuelle-ment fa Garde, fur laquelle il étoit Tailleurs si exact, d’allcrdans leurs Quartiers, même depuis Fontainebleau pour travail-ler à leurs Récoltés ■: ce qui fait voir que la Cour attentive àmaintenir les Alliances contractées entre des Souverains, n’ajamais esté contraire aux Etablissemens d’une Nation, attachéede tout temps & inviolablement à la Couronne. Ce n’est quecontre les abus qui peuvent s’y glisser , que l’on seroit en droitde s’élever, telles que pourroient estre les surprises & les frau-des laites au préjudice des Droits de Sa Majesté; à quoi lesChefs de ces Troupes se sont fait un devoir si essentiel de veil-ler, que la derniere Ordonnance du Roy à ce sujet, a esté pu-bliée dans fa plus grande rigueur, à la tête de tout le Régimentdes Gardes assemblé, & envoyée dans tous les Quartiers, pourqu’aucun Soldat n’en prétende cause d’ignorance.
Secondement, si l’on veut regarder l’avantage des Habitans& des Communautés, où sont logées les Compagnies des- GardesSuisses, il fera aisé de Taire voir que rien ne seroit plus préjudi-ciable aux Quartiers mêmes, que le changement propoie par!a Placet. Lorsqu’en 1714. le Maréchal des Logis du Régiment,Te transporta dans tous les Quartiers, pour prendre les Certifi-cats des Echevins & des principaux Habitans , ils attesterentious par écrit, qu’ils étoient contens & édifiez des Troupes qui