DES SUISSES.
493
pline Militaire & le bien du service de tout le Régiment, par p 0conséquient contraire aux interdis da Roy. X
Prem.ierement , les Capitaines aux Gardes Suisses sententmieux que personne, sinconvenient qu'il y a d’avoir trop de gensmariez dans une troupe , & ils n'ont rien oublie julquai présentpour en arrester l’abus, en accordant rarement à leurs Soldatsla perm liston de le marier ; cependant leur attention à cet égarddevient assez inutile , ceux-cy trouvant moyen de paílcr outrefous prétexté d’abjuration ou d’autrcs raisons particulières, quileur procurent l'appuy des Gens d'Eglise, & qui ne permettentplus au Capitaine de s'y opposer, à moins de s’attirer des repro-ches de la part de la Cour, comme il est arrivé quelques fois.
Si le Déplacement des Compagnies que l'on demande au-jourddiuy , eíloit un moyen fur pour empêcher ces frequens ma-riages , ceux qui ont 1 honneur de commander ces Troupes, s’ytrouvant personnellement intéressez, seroient hes premiers ày donner les mains, & ìi le demander eux-mêmes ; hiais quelleapparence y a-t’il, que les Soldats dame Compagnie que l’on en-voyeroit à une ou au plus à deux lieues de son ancien Quar-tier , ne continueront point à cultiver les habitudes quais yont formé pendant leur séjour , Toit que 1 inclination y ait part,ou qu'il y ait des vues de s’établir, comme le suppose le Placesle peu de distance qui se trouve ■ entre les Quartiers, qui se tou-chent pour ainsi dire , bien J.oin de les en détourner ne seroit queles exciter davantage -à y entretenir leurs anciennes liaisons, & hy continuer leur dessein au préjudice menue de leur devoir,puisque les Soldats aux. Gardes, logez chez le saisi n sont libresde le transporter à tous momens d r un Quartier à hiutre, leursLogernens aux environs de Paris, quoique diítinds par lesdiílerentes Compagnies, ne pouvant estre regardé que commeun mémo Quartier, par rapport aux Huhitans & à la communi-cation réciproque.
11 arriveroit cle-là qu’u ne Paroisse, qui avant ce changementn’avoit .lien de craindre cette prétendue multiplicité de maria-ges , que de la part dhine feule Compagnie, le verroit obligée deredoubler fa crainte d’un côte par les Soldats de ldnclenneCompagnie, qui ne voudroient pas dans un íl petit éloignement,perdre de vue leurs premières habitudes, & de l'auíre par ceuxde la nouvelle Troupe, qu’ou y meuroit en Quartier , dans laquel-le il íe trouveroic lans doute de même des gens disposez araire