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Tome premier.
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2 * HISTOIRE DE POLYBE,

res plus en état de se relever que le vaincu, & que fes troupes furvenant-là-deíïùs & àl’improvilte, il acheveroit de ruiner le victorieux & le meuroit hors de l’Italie, &que par ce moien fa Sainteté se rendroit le maître de la Lombardie & Farbitre de l’Ita-lie. Quelles visions ! Ces gens-là avoient pris ce conseil chez Tacite dans la guerred’Othon &de Vitellius; rapportons le paíìage, il en vaut la peine. Ceux du partide Vespasien, avant que de se déclarer, trouvèrent plus à propos d'attendre F événement& de laiffer battre les autres qui avoient les armes à la main , sachant bien que tevaincu & le vainqueur ne fer oient jamais d'accord. If ailleurs fi les plus grands Cet'pitaines s''Mient laissés corrompre à leur fortune, que devoit-on attendre d'O thon & dsVitellius , sinon que Fun feroit ruiné par fa défaite & F autre par fa vi&oire.

Voilà sur quoi ces Politiques fondèrent leurs rêveries & leurs folles imaginations.Peut-on se servir d’autres tenues à l'égard de gens, qui se mettent en tête qu’ils pour-ront battre & chasièr-de FItalie un Roi de France brave, aguerri & victorieux? Ce-pendant Farinée du saint Pere fe repaît de ces agréables chimères de conquête & degloire. T'événement les fit évanouir. L'armée du Pape, qui s’étoit approchée de lafrontière eut à peine nouvelles que les François avoient battu & terrassé les Suiílès,qu’elle prit F épouvante & s'enfuit, comme se sentant la conscience chargée d’un mau-vais deílein. Je trouve dans Thucydide un éxemple de cette espèce de ruse que je nesaurois m’empêcher de rapporter. Dans la guerre de ceux de Corcyre contre les Corin-thiens , les Athéniens prirent parti pour les premiers : mais assez foiblement & pourempêcher seulement que cette République ne tombât au pouvoir de F autre. Ils nevouloient pas abandonner à leurs ennemis , dit Thucydide, une République puisantesur mer : mais vouloient laiffer matter les uns b les autres par une longue guerrepour triompher après du plus faible.

Si quelqu’un m’accuse de m’être un peu trop étendu sur l’artlcle de la neutralité &sur Hiéron lui-même, il ne fera pas beaucoup d’honneur à son discernement. Carsans épuiser la matière à F égard de l’une, qui est tròs-importante , j'ai crû devoir m’yarrêter un peu pour l’instruction d’un grand nombre de personnes ,& pour fournir desréfléxions profitables à quelques autres qui en ont besoin ; & à l’égard de Hiéron iljoué un trop beau rôle pour n’en parler qu’en pafìant ; car bien qu'il n’ait eu aucunepart dans les différends des deux Républiques, il n’est pourtant pas moins recomman-dable & moins glorieux par la paix dont il a su jouir, que les Romains par la guerre.II ne chercha jamais un grand théâtre : mais il fût convertir en un grand théâtrecelui où il se trouvoit placé, quelque petit qu’il parût,

§. V.

Conduite que doit tenir dans une place assiégée m Commandant qm se volt dam

certaines extrémités.

P Olybe dit que Ciaudius fe vit dans la nécessité d’attaquer les Carthaginois & l eiSyracusains^ qai asliégeoient Messine. Trois raisons Fy contraignoient, selonmême Auteur ; Fardeur avec laquelle ces deux nations pouíîòient le siège, la honte &le danger qu’il y avoit pour lui à les laisser plus longtems. devant la ville, & les force 5> qu’avoicnt les ennemis liir terre & stir mer. Dans cette extrémité Ciaudius ne cru £pas qu’il y eut pour lui d autre parti à prendre que de sortir au devant des ennemi 1 ’;11 sortit & fit fort sagement; & fi l’on me permet de faire une maxime, je dir* 1que tout grand corps qui fe jette dans une place assiégée & qui s’y voit investi t 01 ! 1