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Tome premier.
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LIVRE L CHAP. III. 33

ÎI est fur que les Carthaginois & les Syracusains ont déserté la campa-gne & que les Romains auslì-tôt ont mis le siège devant Syracuse. IIconvient lui-même qu’Echetla, ville située entre les terres des Syracu-sains & celles des Carthaginois, fut ausii assiégée. On ne doit doncfaire aucun fond fur ce qu’il avoit assuré d’abord ; à moins qu’on neveuille croire que les Romains ont été en même tems & vaincus &vainqueurs. Tel est le caractère de cet Historien d’un bout à l'autrsde son ouvrage, & l’on verra en son tems que Fabius n’est pas exemtdu même défaut. Mais laissons là enfin ces deux Ecrivains, & par lajonction des faits tâchons de donner aux lecteurs une idée juste de laguerre dont il est question.

CHAPITRE III.

M. Olîacilius b M. Vaîerius Consuls font alliance avec Hiéron.Préparatifs des Carthaginois. Siège d'Jgrigente. Premier com-bat d'Jgrigente. Second coïïdìat , £*? retraite u Annibal.

D Es qu’on eut avis k Rome des succès d’Appius dans la Sicile, oncréa Consuls M. Octacilius & M. Vaîerius, & on leur donnaordre d’y aller prendre fa place. Leur armée consistoit en quatre Lé-gions , fans compter les secours que l’on tiroit ordinairement des allies.Ces Légions chez les Romains se lèvent tous les ans & sont composéesde quatre mille hommes d’infànterie & de trois cens chevaux. A f arri-vée des Consuls, plusieurs villes des Carthaginois & des Syracusains íòrendirent à discrétion. La fraïeur des Siciliens jointe au nombre & kla force des Légions Romaines, faisant concevoir à Hiéron que celles-ci auroient le dessus, il dépêcha aux Consuls des Ambassadeurs pourtraiter de paix & d’alliance. Op n’eut garde de refuser leurs offres,on craignoit trop que les Carthaginois tenant la mer ne fermassent tousles passages pour les vivres: crainte d’autant mieux fondée que les pre-mières troupes qui a voient traversé le détroit, avoient beaucoup souffertde la disette. Une alliance avec Hiéron mettoit de ce côte-là les Lé-gions en sûreté, on y donna d’abord les mains. Les conditions furentque le Roi rendroit aux Romains fans rançon ce qu’il avoit fait fureux de prisonniers, & qu’il leur paieroit cent talens d’argent. Depuisce tems Hiéron, tranquille à sombre de la puissance des Romains, à quidans l’occasion il envoioit des secours, régna paisiblement à Syracuse,gouvernant en Roi qui ne cherche & n’ambitionne que l’eftime &ì’amour de ses sujets. jamais Prince ne s’est rendu plus recom-mandable, & n’a joui plus longtems des fruits de fa sagesse oc destlprudence.

Tome 1.

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