Prépara-tifs desCartha-ginois.
Siège
d’Agri-
gente.
34 H I S T O IRE DE P O L Y B E,
On apprit à Rome avec beaucoup de joie l’alliance qui s’étoit faiteavec le Roi de Syracuse & le peuple se fit un plaisir de la ratifier. Onne crut pas après cela qu’il fût néceflaire d’envoier en Sicile toutes lestroupes, deux Légions suffisoient: parce que Hiéron s’étant rangé duparti de Rome, le poids de cette guerre n’étoit plus à beaucoup prèssi pesant, &. que par -là les armées auroient en abondance toute fortede munitions. Les Carthaginois vòiant que Hiéron leur avoit tournéle dos & que les Romains avoient plus à cœur que jamais d’envahir laSicile, ils pensèrent de leur côté à se mettre en état de leur tenir tête &de se maintenir dans cette Isle. Ils firent de grandes levées de soldatsde-là la mer, dans la Ligurie, dans les Gaules, plus grandes encoredans TLspagne & les envolèrent toutes en Sicile ;& comme Agrigente
(a) , étoit la ville la plus forte & la plus importante de toutes celles quileur appartenoient, ils y .jettérent tous leurs vivres & toutes leurs trou-pes, & en firent leur place de guerre.
Les Consuls qui avoient fait la paix avec Hiéron étant de retour àRome, on leur donna pour successeurs dans cette guerre L. Posthumius& Q. Mamilius , qui aiant pénétré d’abord où tendoient les préparatifsque les Carthaginois avoient faits à Agrigente-, pour commencer lacampagne par un exploit considérable, laissèrent là tout le relie, furentavec toute leur armée attaquer cette ville, & campèrent à huit stades
(b) de la place & renfermèrent les Carthaginois dans ses murs. C’étoit
(a) Comme Agrigente étoit la ville la plus forte6? la plus importante . ] Agrigente ou AgragasVille de Sicile, ajourd’hui Gergenti, autrefoiscélébré par ses richesses comme par fa force. Pp.lybe en donne la description dans son iX- Livre.
Dipdore de Sicile en parle magnifiquement. Bayledans son Dictionaire renverse tout ce que Morerien a dit. Nous en parlerons en son lieu.
, (b) Campèrent à. huit stades de la place. ] II ya eu anciennement deux stades, comme deux ta-lens. On comptoir fix cens pieds à chacun deces stades, dans les lieux où il étoit en usage ,comme oh comptoir soixante mines à chaquetalent.
L’un de ces deux stades étoit néanmoins pluspetit que l’autre de deux cinquièmes, de forteque les flx cens pas du grand stade vaioient millepieds tels qu’on les emp [oioit au petit stade.
Et tout de même l’un des deux talens étoitplus petit que l’autre de deux cinquièmes, de for-te que les soixante mines du grand talent vaioientcent mines de celles dont on comptoir soixanteau petit talent.
Le petit stade & le petit talent étoient le stade& le talent d’Athenes : c’étoient le stade òcle.talent les plus communs.
- . Le grand stade étoit le stade de Delphes & legrand talent étoit is talent d’Egine.
Le petit stade étoit de quatre cens pieds Ro-mains , ou de quatre-vingt pas.
Ainsi, il y en avoit douze & demi au milleRomain-,
L s grand Rade étoit de cent trente-trois pasRomains deux tiers, & il y en avoit sept & de-mi au mille.
Ge système sur le stade est de M. de la Barre,çui.çn donnera les preuves dans ses notes furHérodote, dont il se dispose ànous donner unenouvelle traduction.
En attendant que cet ouvrage paroifle, nousnous en tiendrons à la commune opinion, qui estque la longueur régulière du stade étoit de 125.pas , qui revíénnent selon Pline à 625. pieds Ro-mains. Nons ne sommes pourtant pas plus sa-vans fur cette mesure, si nous ne sommes bienassurés du pied Romain Le célébré -Dom Ber-nard de Montfaucon dit, qu’an croît que le piedRomain à'aujourd’hui est lemême que VancienpiedRomain, dont la mesure /é trouve au Capitok. Ltpied Romain a un douzième moins que notre piedde Roi. L’ancien pied Romain, ou Italien, avoitselon Hiéron, deux seizièmes U demi moins que lepied de Roi ancien , qu’on appelloit austi Phiisete-rius. Si le. pied Romain d’aujourd’huì e[i le mêintque l’ancien , ' U s’enfuit de là que l’ancien pied deRoi, dont parle Hiéron, étoit considérablement plu 1 '