Tremîer
combat
d’Agri-
|«Dte.
Second’combat& retrai-te d’An*nibal.
z6 HISTOIRE DE POLYBE;
apportoient à Erbesse, ville peu éloignée du camp, d’où les Romainsles faifoient venir, de forte qu’ils ne manquoient de rien.
Les choses demeurèrent en même état pendant cinq mois ou environ.Rien de décisif de part ni d’autre, tout fe paíToit en escarmouches.Cependant les Carthaginois soustraient beaucoup de la famine, k causedu grand monde qui s’étoit retiré dans Agrigente, car il y avoit aumoins cinquante mille hommes. Annibal, qui les commandoit, nesachant plus où donner de la tête, envoioit coup fur coup k Carthage,pour avertir de Textrémité où la ville étoit réduite & demander du se-cours. On chargea fur des vaisseaux de nouvelles troupes & des élé-phans, que l'on n t conduire en Sicile, & qui dévoient aller joindreHannon, autre Commandant des Carthaginois. Celui-ci assemblatoutes ces forces dans Héraclée » fit dans Erbesse des pratiques qui luicn ouvrirent les portes, & priva par lk les Légions des vivres & desautres secours qui leur venoient de ct.te ville : alors les Romains, assié-geans tout ensemble & assiégés, fe trouvèrent dans une íì grand diset-te de vivres & d’autres munitions, qu’ils mirent souvent en délibérations’ils ne leveroient pas le siège ; & cela feroit arrivé, fans le zélé & l'in-dustrie du Roi de Syracuse, qui fit passer dans leur camp un peu detout ce qui leur étoit nécessaire. Hannon voiant d'un côté les LégionsRomaines affoiblies par la peste & par la famine,& de l’autre ses trou-pes en état de combattre; après avoir donné ordre k la cavalerie Nu-mide de prendre les devans, de Rapprocher du camp des ennemis,d’esearmoucher pour attirer leur cavalerie à un combat, <$c ensuite dereculer jufqu’à ce qu’il fût arrivé; Hannon, dis-je, part d’Héracléeavec ses éléphans,qui étoient au nombre de cinquante, & tout le restede son armée. Les Numides, selon Tordre qu’ils avoient reçu, enétant venus aux mains avec une des Légions, la cavalerie Romaine nemanqua pas d’accourir fur eux. Ceux-ci battent en retraite, comme il leuravoit été ordonné, en attendant que les autres troupes les eussent joints.Alors ils font volteface, environnent les ennemis; en jettent un grandnombre par terre, & poursuivent le reste jusques dans leur camp. Après cetexploit Hannon s’empara d’une colline appellée Torus qui dominoit furTannée Romaine, & qui en étoit éloignée de dix stades & s’y logea.
Pendant deux mois il ne fe fit chaque jour que de légères attaquesqui ne décidoient rien. Cependant Annibal élevois des fanaux & en-’ voioit souvent k Hannon pour lui faire connoître l’extrême disette où ilse trouvoit, & le nombre des soldats que la famine contraignoit de dé-serter. Sur cela Hannon prend le parti de bazarder une bataille. LesRomains pour les raisons que nous avons dites n’y étoient pas moinsdisposés. Les armées de part & d’autre s’avancent entre les deuxcamps, & le combat fe donne. 11 fut long, mais enfin les troupes à lasolde des Carthaginois,qui se battoient k lapremiereligne,furent mises