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totirage & de sa résolution. Messieurs, leur dit-il à peu près, je vous ai appellesPour vous communiquer ce qui me paílè dans l’esprit. Vous savez que nous n avonsrien négligé pour remplir nos devoirs par une résistance digne de gens de cœur: jefois content de vous comme vous devez letre de ma conduite à cet égard. J’ai C rûdevoir capituler, dès que je me fuis apperçu que j’étois ouvert au corps de ma pla-ce; j’ai proposé de me rendre à des conditions honorables pour votre honneur com-me pour le mien, l’ennemi m’en offre de honteuses, & si peu supportables, que jene íaurois m’y livrer : il faut tous périr fur la brèche plutôt que de nous rendre avecdéshonneur; c’est mon intention, & sens doute la vôtre: je ne vous ai asièmblés quepour cela seul: prenez là dessiis vos mesures, car je ne vois point d’autre chemin pourrendre l’ennemi raisonnable que celui de la brèche ; il pensera plus de deux fois à cequ’il aura à faire, lorfqu’il nous y verra tous portés.
Cete harangue n’eût surpris personne du teins de nos peres, parce que la plus gran-de résistance des assiégés se faisoit au corps de la place, & que sillage d’y soutenirl’aíîàut, & même plusieurs, étoit une loi qu’on n’avoit garde d’enfraindre. On l’i-ífoore aujourd’hui, de forte que la harangue ne fut du goût de personne, & fut trou-vée tout aussi singulière que celle de Vercingentorix à Alexia ; il ne fe trouva qu’unseul Officier de l’avis de Péri.- On allégua mille lieux communs militaires pour le 'dissuader d’un deílèin apparemment téméraire, & mille raisons qui n’étoient point malfondées, la garnison fe trouvant trop foible pour un coup de cette nature. Péri tintbon, & congédia l’assemblée, hors le seul de la troupe qui vcnoit de lui applaudir,à auquel il fit part du deílèin qu’il avoit de sortir de sa place, & de se sauver parpne retraite sécrété avec toute sa garnison. Celui-ci trouva sentreprise infaillible, &d fut chargé de l’arriére-garde. La nuit fut choisie pour l’éxécution ; la garnison semet sous les armes dans les différens quartiers de la ville, l’extrémité où l’on fe mou-voir en fut le- prétexte : & après avoir pris la précaution de laiíièr quelques tirailleursdu côté de la brèche, on fort secrètement & dans un grand silence, on ensile lachaussée du côté de Mariandol, où l’on ne trouva aucun obstacle, & l’on fe retirea Saverne. Celui qui faisoit l’arriére-garde alla par un autre chemin, traversa la Mon-tre, fe jetta dans les bois, & fe retira avec le même bonheur. Les assiégeans furentfi mal informés de cette retraite, qu’il étoit grand jour qu’ils ne s’étoient pas apperçûsqu’ils tiroient leur poudre aux moineaux.
Cette ruse fit beaucoup d’honneur à Péri ; mais on dit que selon la louable coutu-me des Généraux avisés, qui croiraient leur gloire imparfaite s’ìls ne se sattribuoienttoute entière, il ne fit aucune mention de sauteur & du conducteur de cette entre-prise,- ce qui me semble peu digne d’un homme de guerre Lcd’un véritable courage:mais qui ne lait que le plus grand nombre des Officiers d’armée est marqué à uncoin fi honteux? Combien d’éxemples ne pourrois-je pas citer de ces sortes de filousde la gloire & des actions d’autrui? Combien d’Officiers íè font-ils plaints de cessortes d’injustices? Combien en connoiílòns-nous qui se fout avancés par les actionsd autrui? De Suei! fit une très-beîle action à la bataille de Castilìon,- un autre s’enpjna. Mais combien y a-t-il de De Sueils? Nous avons passé par ces piques commebien d’autres.- On n’usoit guère de ces sortes de baílèffès aux tems antiques. Ceuxstui y font sujets feraient fort bien de lire la vie de Sylla & d’Àgricola, qui sevoientb bien rendre justice à la valeur & aux services des Officiers habiles, qui les met-soient fur la route des grands desseins. Tacite fait mention honorable de celui-ci,d°_nt il a écrit la vie ; car il dit que s’il se faisoit redouter des ennemis, il nc íè íài-on pas moins aimer des siens, sc rendant témoin irréprochable de la valeur de cha-Clla , & ne dérobant jamais la gloire à personne. Cet éloge fait beaucoup d’honneur