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Tome premier.
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z6 HISTOIRE DE P O L Y B E,

à Agricola, mais le premier l’emporce fur le héros de Tacite. Plutarque nous apprenddans la vie de ce grand Capitaine, qu’après toutes ses victoires il fít graver fur lestrophées qu’il érigea : A Mars , à la Victoire & à Venus , pour marquer , dit 1 Au-teur; q;Vil rìavoit pas moins remporté ces grands avantages par la saveur de la fortuneque par fa grande capacité , par fa force & par la vakur dej'es troupes. Mais voiciquelque chose de plus fort. Car il dressa deux trophées , continue Plutarque, le pre-mier , qui fut celui dit combat gagné dans la plaine, il le dressa dans Vendroit ou Ar-chélaus avoit commencé à plier ,& à fuir jusques fur les bords du Molus; & P autrefur le sommet de Thurium , que Von avoit heureusement gagné en tournant les Barbares ,'b f U r ces trophées il étoit marqué en lettres Grecques: A la valeur dTIomo-loichus et d’Anaxidamus. C’est qu’il dût uniquement à ces deux hommesla victoire qu’il remporta fur Archélaus. Ce qu’il y a de plus grand & de plus magna-nime dans Sylla, c’est que ces deux personnages n’étoient pas Romains, mais Grecsde la ville de Chéronée, qui s’ofirirent d’ailex gagner la cime de Thurium avec u»petit nombre de soldats d’élite.

M. de Barbesieux commandant à Marseille en 1535. n’étoit pas un Sylla. En voi-ci la preuve.

Charles-Quint s’étant mis la conquête de la France en tête,entra dans la Proven-ce, & s’avança jusqu a Aix, où il perdit si bien son tems, qu’il nous donna celui denous fortifier à Marseille, par où il eût dû commencer, & d’où il eût pû tirer tousses vivres pour la subsistance de son année. Les grains ne lui manquoient pas , maisil lui falloit des moulins pour les moudre : on eut la précaution de les ruiner tous,de forte qu’il ne lui resta que celui d’Aubagne. François I. s’étoit avancé juíqu’àAvignon pour défendre le pafïàge de la Durancc, ou pour le combattre en deçà dansla plus belle plaine du monde. Ce moulin d’Aubagne inquiétoit le Roi. II avoit é-çrit aux Maríeillois de tenter de le détruire ; mais l’entreprife parut impossible à M.de Barbesieux, qui manda plusieurs fois au Roi que ce poste étoit bien gardé, & àdeux pas de l’armée Impériale. Le Roi fe défefpéroit, parce qu’il voioit bien qu’enruinant le moulin il coupoit la gorge à son ennemi.

Le Capitaine Montluc, plein de reílburces & de lumières, d’un esprit vif & en-treprenant, voiant qu’on regardoit cette entreprise comme folle & téméraire, s’infor-‘ma si bien de l’endroit à des gens du lieu même, qu’clle ne lui parut que hardie, &ne dépendre que du secret & de la diligence. II fe résout de tenter l’avanture. II laproposa à M. de Barbesieux, & lui promit d’cn rendre bon compte. Le Comman-dant rit de cette f&nfaronade, ne s’imaginant pas que cela fiat possible, & qu’on pûty penser fans témérité & fans folie , outre qu’il y avoit quatre bonnes lieues de Mar-seille à Aubagne, Cependant Montluc l'entreprend, & ne demande que six vingt sala-des, quoiqu’il y eût beaucoup plus de monde dans le moulin, où les ennemis s’étoiencfortifiés, & beaucoup plus encore dans la ville. Le détail que l’Auteur fait de cetteentreprise est admirable, & écrit d’une maniéré noble, simple, amusante, & d’unetrès-grande instruction, je ne le rapporterai pas, parce que cela n’est pas de notre sujet.II suffit de dire que Montluc força le moulin, le détruisit, & fe retira bravement»au grand étonnement de M. de Barbesieux, qui étoit de ces efpeces d’horames qui necroient jamais les autres capables de ce qu’ils ne font pas capables de faire c-ux-mèmes,& qui n’ont pourtant pas honte de s’attribuer bassement les actions d’autrui.

Je pensais blen,à\t ce savant Officier,#»!? M. de Barbesieux, lorsque le Roi arrìvdè Marseille , me présentât à Sa Majesté ,&lui dit comme f a vois fait Vent repriseras j(Têtre connu de Sa Majesté. Mais tant s en faut qu'il le fit , qu au contraire H s'’altri'bua tout Vhonneur , dijant quç ç‘'jjoit lui qui avoit inventé la dite entrepris, & qa tt

J fìOtíi