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Tome premier.
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64 HISTOIRE DE P O L Y B E,comme de modèle pour construire toute leur flotte («): de forte quésans cet accident, n’aiant aucune expérience de la marine, ils auroientété contraints d’abandonner leur entreprise. Pendant que les uns é-toient occupés à la fabrique des vaisseaux, les autres amassaient desmatelots & leur apprenoient à ramer. 11s les rangeoient la rame à lamain fur le rivage dans le même ordre que fur les bancs. Au milieud'eux étoit un Commandant, lis s’accoûtumoient à se renverser en ar-riére, & à se baisser en devant tous ensemble, à commencer &c à finirà Tordre. Les matelots éxercés, & les vaisseaux construits, ils se mi-rent en mer, Réprouvèrent pendant quelque tems,& voguèrent le longde la côte cTitalie.

Faute du Cn. Cornélius qui commandoit la flotte, après avoir donné ordre&°d’An- aux ?HotL8 de cingler vers le détroit dès que Ton seroit en état de par-nibai. tir, prit avec dix-sept vaisseaux la route de Messine, pour y tener prêttout ce qui seroit nécessaire. Lorfqifil y fut arrivé, une occasion s’é-tant présentée de surprendre la ville des Lipariens, il la saisit trop lé-gèrement, & s’approcha de la ville. A cette nouvelle Annibal, quiétoit à Palerme,fit partir le Sénateur Boode avec une escadre de vingtvaisseaux. Celui-ci avança pendant la nuit, & envelopa dans le portcelle du Consul. Le jour Venu, tout Téquipage se sauva à terre : &Cornélius épouvanté, ne sachant que faire, se rendit aux ennemis;après quoi les Carthaginois retournèrent vers Annibal, menant aveceux, & Tescadre des Romains, & le Consul qui la commandoit. Peilde jours après, quoique cette avanture fît beaucoup de bruit, il ne s’enfallut presque rien qu’Annibal ne tombât dans la même faute. Aiantappris que les Romains rangeant la côte d'Italie approchoient, il voulutsavoir par lui*même combien ils étoient, & dans quel ordre ils s’avan-çoient. II prit cinquante vaisseaux; mais en doublant le promontoired’Italie. il rencontra les ennemis voguant en ordre de bataille. Plu-sieurs de ses vaisseaux furent pris,& ce fut un miracle, qifiî put se sau-ver lui-même avec le reste.

Les Romains s’étant ensuite approchés de la Sicile, & y aiant appris

Ca) Ils s’en servirent comme de modèle pourcon-flruire toute leur flotte. ] Voici un passage quin’est pas tout à fait indigne d’être relevé. LesRomain? passent le détroit, non pas feulementfur des bátimens de cinquante rames,c’est-ídiredes galères de bas bord ? Mais encore fur des tri-rèmes , qui étoient des vaisseaux ou galères deguerre qu’ils avoient empruntés de leurs voisins,& Pclybe nous dit après cela, que si le vaisseauCarthaginois n’eût échoué fur la côte, & dont ils fssaisirent, les Romains auroient été contraints d’a-bandonmr leur entreprise : je ne comprens rien àcela. N’avoientrils pas traversé le détroit avecdes bátimens propres pour la guerre ? Mais, dira-

l’ac-

t-on, ces galères ou vaisseaux, si on faime mieux »n’étoient pas pontés, & l’Auteur entend parler dsces sortes de bátimens Se moaue-t-on? Quoi?ces bátimens si extraordinairemenc élevés, pou-voient être autrement que pontés, qui peut dou-ter qu’ils ne le fussent, & même à deux ponts?Qui empêchoit les Romains d’en construire fur lemême modèle de ceux fur lesquels ils avoientpassé le détroit? Polybe auroit ce me semblemieux fait de nous dire que celui qu’on prit fetrouva d’un gabarit plus avantageux & plus pro-pre pour les manœuvres legéres;mais ilnepoU-volt être différent des autres que dans ia coup®qui dût leur paroître plus fine.