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Tome premier.
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228 HISTOIRE DE POLTBE,

Quelquefois elle s’est présentée fur ma route; mais comme ellen’étoit pas d’huméurSmarcher de compagnie avec Fhonneur, la franchise, la probité, & quelques autres ver-tus militaires que je méne astéz volontiers avec moi, je l’ai envolée porter ses faveursà d’autres, qui moins difficiles s’en font accommodés aux conditions qifelle a voulu,& j’ai continué mon chemin, ne pensant qu’au coup d’œil dont est question.

Lors donc que l’on est en voiage, on examine en marchant tout le païs qni fe trou-ve à portée de la vue, toute la ligne - du terrain le plus éloigné, comme toute f étenduede celui où nous sommes. On campe par imagination une armée fur le terrain qui fedécouvre le plus devant nous, & que nous voions en face. On en considère les a-vanrages & les défauts, on volt ce qui peut être favorable à la cavalerie; - ce qui estpropre à f infanterie ; je fais la même choie dans le païs qui est en deçà, je formeimaginairement les deux ordres de bataille, & imaginairement je mets en œuvre toutce que je fai de tactique & de ruses de guerre.. Par cette méthode je me perfectionnele coup d’œil,- je me rends le païs familier, & je me fortifie dans fart de íâisir promp-tement les avantages des-lieux, ou ce qui peut y être désavantageux; outre que j’a>vance en connoisikrces & en savoir,. & que je païïè mon tems làns aucun ennui, ensatisfaisant ma passion. PaíTòns maintenant aux observations fur la défensive & fur l’ofi-fcnsive, par rapport à la guerre d’Eryce.

§- v..

Qu' une guerre défensive ne peut être e filmée, si s'offensive ne s r f

trouve souvent, mêlée..

O N volt souvent des Généraux à la' tête d’une armée formidable , & d’une telles' disproportion de forces avec celles de l’ennemi, qu’on diroit qu’elle le va en-gloutir, & lui faire son épitaphe, & cependant on paííè tout une campagne , & sou-vent plusieurs de fuite, fans ric-n faire, fans avancer d’un pas, quoique la valeur foieégale des deux côtés. Les Anciens & les Modernes nous- foumisient une infinité de cessortes d’éxempìes. D’où vient cela?C’est que l’un, bien que plus foible, est plus ha-bile & plus rusé que l’autre. Mais cette inégalité de forces ne devroit-elie pas produi-re quelque chose de plus que ce que l’on volt ? Est-ce toujours un Agésiias, un Ale-xandre , qui d’une hardiesiè inconcevable en apparence,attaquent un grand Empire,chacun à la tête d’une petite armée contre un nombre innombrable de Perles efféminés?Non, je ne suppose pas un tel contraste,' où il n’y a ni instruction ni profit pour lesgens de guerre, je suppose tout le contraire dans ce que je vais-traiter r deux nationsbelliqueuses, un Amilcar contre un Consul Romain, tous les deux hardis, braves,entendus & déterminés, dont l’un habile plie fous un plus habile. On alléguera qu’unegrande armée contre une autre beaucoup moindre, mais favorisée désavantagé des lieux,ne pourra rien, parce qu’en comparant la foible avec la forte il y aura équilibre danstoutes les deux. Voici donc ce que nous avons pensé là-deílus, ou ce que les faits,que notre Auteur rapporteen grand nombre, & ce que notre.propre expérience nousont appris.

Un Général d’àrmée, consommé dans la science dé la guerre,hardi, entreprenant,fin, rusé',, fige, d’un grand sens, Lt d’un coup d’œil admirable, tel enfin que Barcas,fe trouvant - réduit à vingt mille hommes contre soixante mille d’une valeur égale,n’argarde d’agiroffensivement, & haut à la main, en pleine campagne, la partie ne feroicpas tenabîe: quoique M.' dé Turenne nous ait fait voir le contraire au combat deMolt-aeiàr,, &.en:bietrd’autres occasions; - mais comme ce grand Capitaine étoit.un de ceì