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Tome quatrieme.
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entreprennent de paílèr pourroient y réussir ; cependant ils réussissent presque toujours,& fans trouver le moindre obstacle.

César ne nous fournit pas beaucoup de paflàges de rivières considérables, si ce n’estcelui de la Tamise. 11 les traversa presque toutes h la faveur des machines, à 1 abri def-quelles il dressoir son pont,comme nous établissons les nôtres fous la protection dunenombreuse artillerie. Cette ruse d’Annibal a été emploiée avant & après lui ; & jusqu anous, par une infinité de grands Capitaines, & même par des Généraux médiocrescontre d’autres plus médiocres qu’eux : & plus l'on remonte dans les siécles les plusreculés, & plus la ruse augmente notre admiration, lorsque l’on y trouve plusou moins d’obstacles & de difficultés.

Le pafiàge de l’Allier par César est fin & rusé, & à peu près semblables à celui duRhône à ì’égard du stratagème, dans lequel Vercingentorix donna. Le passage de laSeine par Labiénus est encore plus profond qu’aucun autre de lantiquité, quoique l’ar-tisice soit dans le même esprit que celui du "Rhône. Descendons julqu’à notre tems,nous trouverons de semblables entreprises fondées fur les mêmes artifices en très-grandnombre, & les Généraux qui s’ylaiíïènc prendre tout aussi nouveaux que les premiersqui y furent pris.

Le Prince Eugène de Savoie traversa l'Adigé en i 701. par une ruse semblable à celled’Annibal. Ç’auroit du être une bonne leçon à M. de Saint-Fremont, qui se laiíîàsurprendre, d’être une autre fois un peu plus fur ses gardes. Point du tout:cinq ansaprès-le Prince Eugène pafie encore la même rivière, & emploie le même stratagèmecontre le même de Saint-Fremont, au confluent de cette rivière dans la mer,qui estextraordínairement large en cet endroit. II est vrai que l’Ossicic-r Général Françoisa voie écrit à la Cour que les ennemis ne trouvoient nul obstacle fur cette rivière, &;ce fut peut-être à dessein d’élever un trophée à fa prévoiance qu’il crut devoir leur lais-ser le pafiàge libre & fans nul obstacle; ce qui fit qu’il ne jugea pas à propos de s’ytransporter en personne, ni d’y envoier le moindre secours.

Le pafiàge du Rhin en 170a. par le Maréchal de Viilars, est presque une copie decelui du Rhône, & fait aussi peu d’honneur au Prince Louis de Bade qu’il illustre leGénéral François. Voilà bien des exemples, dira-t-on: nullement, puisque l’Histoireen est toute remplie. Le plus recommandable, & celui qui frappe le plus, est le pas-sage de í’Iíydaspe par Alexandre le Grand. Je le regarde comme l’original de celui duRhône. Chacun sait combien Annibal estimoit Alexandre. ÎS T e fe íèroit-il pas servide fes lumières à I’égard de son pafiàge? Je ne rassurerai pas. Quoiqu’il en soit, jefuis d’avis de copier touc le pafiàge Ça) , qui me paroît digne de la curiosité des gensdu métier.

„ Ce grand Capitaine voiant qu’il lui étoit impossible de paíïèr l’Hydafpe à la vue„ de l’ennemi, à cause de la multitude de fes éléphans, qui étonnoient même les„ chevaux de leurs cris & de leur présence, résolut de dérober son pafiàge, & s’y„ gouverna de la forte. Il fit tenter la nuit divers lieux par fa cavalerie, & jetter di-„ vers cris comme s’il eût eu envie de pasièr. Tout étant prêt pour cet effet, Porus„ y accourait tout aussi-tôt avec fes éléphans; mais Alexandre demeurait en bataille„ fur le bord. Comme cela fut arrivé plusieurs fois, & que Porus vit que ce n’étoit

qu’un bruit & de vaines menaces, il ne s’ébranla plus pour cela,& fe contenta d’en-,, voier des coureurs par tout le rivage. Après qu’Alexandre fe fût ôté l’appréhenfion„ de savoir sur les bras avec toute son armée dans un pafiàge de nuit,il fit ce dessein.

„ II y avoit à quatre ou cinq lieues du lieu où il étoit un rocher, autour duquel ls

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(a) Arrìan, liv, v.