52 HISTOIRE DE POLYBE,
„ retranchement. Là-dessus les Saxons s’avancérent au nombre de cinq régimens &„ dix-sept escadrons. Mais soit que le terrain ne leur fût pas favorable, soie qu’ikw fussent effraiés de la contenance hardie des Suédois, ils se retirèrent dans un lieu sec *„ flanqué d’un marais & d’un bois, où étoit placée leur artillerie. Alors les Suédois„ marchèrent à eux, & soutenant leur feu fans fe rompre, les attaquèrent avec tant„ de vigueur qu’ils les obligèrent à reculer.
L’Auteur d’où je tire ce fait, ne craint point qu'on l’accufe de narrer médiocrementbien ce qu'il nous apprend des actions du grand homme dont il décrit la vie. Ce qu’ilraporte du passage de la Dune, est très-conforme à ce quej’en ai appris de plusieursOfficiers Suédois qui s’y font trouvés. II oublie pourtant qu’il y avoit plusieurs r c.*deaux chargés d’un corps considérable de troupes,&queces radeauxétoientcomposésde plusieurs rangs de longues poutres de sapin. Ce passage est admirable,de memequele Capitaine, qui mit tout à profit & jusqu’au vent pour réussir dans son entreprise:car cette fumée que le vent poussioit au visage des Saxons n’aida pas peu à favoriser ladescente,les ennemis n’aiant pu la soutenir. Je ne m’étendrai pas davantage fur le pas-sage des grandes rivières, me réservant d’en traiter ailleurs, & d’épuifer la matièredans un Traité particulier, où nous joindrons la défense: car ce que j’en vais dire dar.ale Paragrafe suivant ne roulera que sur ce qui m’a paru le plus essentiel.
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De la défense contre le passage, des grandes rivières. Le fyslëme de VAuteur es hseul sur lequel on puisse fe défendre contre un ennemi qui l'emploie dans Pat*taque.
I L s’agit maintenant de traiter de la défense des grandes rivières contre uue attaque de'vive force. Si celle-ci est tout ce qu’il y a de plus difficile, de plus dangereux &de moins certain à la guerre, on conviendra peut-être que la défense est tout ce qu’ily a de plus aisé & de plus facile, si l’on peut rendre inutile & de nul effet la ruse Al’ardfice : car alors l’ennemi ne voit rien au-delà que d’en venir à la force ouverte.Avouons-le franchement, un Général d’armée y peníèroit plus de deux fois avantqnede s’y résoudre,si celui qui fe défend étoit plus habile & plus résolu, & qu’il connûtaussi bien les précautions attachées à cette partie, de la guerre & lés avantages, queles pièges dont il peut les accompagner.
Le passage des grandes rivières, ou de celles qui ne font point goéables, ne roule quefur un nombre de stratagèmes surannés & mille fois répétés. Peu de Généraux l'igno-rent, s’ils ont la moindre expérience. Les plus grands Capitaines comme ceux qui nele font pas, les ont pratiqués les uns après les autres. Si on vouloir en faire un recueil,à peine renrpliroient-ils une page d’écrkure. II y a un asièz grand nombre d’Ecrivainsanciens & modernes qui ont traité des stratagèmes fur toutes les parties de la guerre. ILseroit à souhaiter que ces sortes de Livres fuíTènt souvent lûs & bien médités des gensdu métier. Frontin en a fait un Livre qui est très - estimé des connoiflèurs ; il les arangés avec un tel ordre & avec tant de méthode, que chaque partie de la guerre a lesliens ; & bien que Polyen qui a écrit en Grec &fort poliment en soit fourni, il plaîtmoins pour avoir suivi un ordre moins méthodique.
Lorsqu’un Général s’est porté fur un fleuve pour en défendre le passage, il doit êtreen de perpétuelles défiances aux endroits mêmes où il semble avoir le moins à craindre:car le plus fort fe trouve souvent le plus foible, lorsqu’on n’y fait aucune garde. Lapremière de toutes les précautions qui rendent les autres plus faciles, est de retirer :eus